DCVD - Dégustations - Philippe Foreau


Pour ouvrir cette première saison officielle de DCVD, la volonté était de frapper haut et fort... Suite à une intéressante suggestion de Vincent susurrant le terme "Goutte d'Or", le domaine du Clos Naudin de Philippe Foreau s'imposait donc presque naturellement.

Plutôt que de battre campagne auprès de nos cavistes préférés ainsi que dans les tréfonds des caves de nos gentils membres, on s'est plutôt dit : "pourquoi ne pas aller trouver le principal intéressé et lui demander s'il devait faire une grande et belle dégustation, quels seraient les vins qu'il suggèrerait.

Voici, à un ou deux flacons près ce qui Philippe Foreau nous suggéra :

01. Vouvray Brut - Méthode Traditionnelle 2002
02. Vouvray Brut - Méthode Traditionnelle 1995
03. Vouvray Sec 2007
04. Vouvray Sec 2002
05. Vouvray Demi-sec 2005
06. Vouvray Demi-sec 1996
07. Vouvray Moelleux 1996
08. Vouvray Moelleux 1997
09. Vouvray Moelleux 2003
10. Vouvray Moelleux 2005
11. Vouvray Moelleux Réserve 2005
12. Vouvray Moelleux Réserve 1997
13. Vouvray Moelleux Réserve 2003
14. Vouvray Moelleux Réserve 1989
15. Vouvray Moelleux 1ère Trie 1989
16. Vouvray Moelleux Réserve 1990
17. Vouvray Goutte d'Or  1947

Une liste de rêve... assurément!

Vu les prix souvent plus abordables qu'on ne peut le penser et qu'il ne faut jamais se priver, l'affaire fut réglée et le dépucelage de la chose entériné à ce jeudi 17/09/2009, occasion pour notre groupe de découvrir les locaux définitifs de DCVD, pour lesquels, il nous faut d'emblée remercier la gentille propriétaire de nous les mettre à disposition.

Avant le jour dit de l'office, une question me trottait en tête depuis deux, trois mois : Allait-on vivre une intensité dégustative aussi splendide que la liste formelle des vins ci-dessus. Réponse ci dessous... après un bref rappel sur le domaine et son propriétaire...

Dégustation effectuée septembre 2009

Le Domaine du Clos Naudin et Philippe Foreau

Le Clos Naudin
14, rue de la Croix Buisée
37210 Vouvray
Tel : 00 33 (0)2 47 52 71 46
Fax : 00 33 (0)2 47 52 73 81

Historique

Philippe Foreau représente la 3e génération de la famille qui a acheté le domaine en 1923. Il dirige de main de maître le domaine depuis 1983, à la suite de son père André et est secondé depuis peu par son fils. En dehors de sa réussite indéniable sur son domaine où il maîtrise particulièrement le chenin blanc en sec, Philippe Foreau s’est taillé une réputation énorme dans le domaine des accords mets-vins et il est difficile pour lui de parler d’un de ses vins sans qu’il embraye automatiquement sur un accord particulier.

Domaine et viticulture

Le domaine est constitué de 11 hectares et demi répartis sur plusieurs parcelles qui débutent au sommet de la maison familiale et remontent principalement sur ce que les vignerons appellent la « Première Côte » qui regroupe les meilleurs terroirs argilo-calcaires de l’appellation Vouvray, orientés Sud Sud-est. L’assise d’argile varie en épaisseur sur le socle calcaire mais c’est la combinaison des deux qui fait les meilleurs terroirs. Les vignes résultent d’une sélection massale au domaine et sont arrachées après 50 à 60 ans d’âge plus ou moins tous les trois ans. Les rangs sont labourés et ne sont pas enherbés à l’exception des plus jeunes vignes dont les fruits sont destinés le plus souvent aux bulles.

Le fait de ne pas enherber permet d’éviter une concurrence entre l’herbe et la vigne, empêche le stress hydrique de cette dernière et favorise la micro-oxygénation des sols, soit, la vie de ceux-ci.
Il faut noter que l’enherbement souvent utilisé dans la région pour garder l’humidité ou stabiliser les sols n’est pas de mise ici, tant l’argile permet un effet d’éponge pour l’eau , tant les sols sont peu pentus que pour risquer une érosion importante.
La culture de la vigne est menée en lutte raisonnée mais Philippe se défend du titre de la mener en bio bien que il se refuse à l’utilisation d’engrais ou de désherbants chimiques, d’agents systémiques ou anti-pourriture et que la protection contre les insectes soit faite par cupules d’hormones favorisant la confusion sexuelle.

Le labourage entre les rangs et le grattage sont manuels ainsi que les vendanges qu’il essaie de faire les plus longues possible.
La partie enherbée pour les jeunes vignes correspond approximativement à 1 hectare.

Fermentation et élevage

A l’exception de la production des « bulles », la fermentation alcoolique est obtenue en présence de levures indigènes et à température faible. Les raisins pressés n’ont connu auparavant ni battage, ni travail sur lies et le caractère fin des vins est favorisé par des soutirages rapides. Les fermentations alcooliques se poursuivent en barriques jusqu’à Noël et les malos sont rigoureusement évitées entre autres grâce aux faibles températures (+- 5°c sur l’hiver). La mise est faite aux environs de mai. Seules les jeunes vignes connaissent l’élevage en cuve, et ce principalement pour l’obtention des « bulles ».

La cave particulièrement grande permet le stockage de nombreux millésimes que Philippe n’est jamais pressé de commercialiser (particulièrement pour les moelleux), préférant la vente des bouteilles en pleine maturité. Cela lui permet aussi toujours de pouvoir suggérer un millésime plus ancien mais d’anthologie et/ou de proposer des dégustations impressionnantes à ses visiteurs auxquels il accorde temps et didactique… à condition d’avoir pris rendez-vous !

Tableau des vins et notes moyennes

Vu que la liste des vins était connue et que le but était aussi dur pur plaisir, les vins n'ont pas été servis à l'aveugle. Après les secs et les demi-sec, une première pose a été effectuée pour déguster un poulet aux citron bien préparé par Jehan. En fin de dégustation, nous avons terminé les "restes" des vins moelleux sur une tarte au sucre apportée par Frank.

Dégustateurs :

1 : Patrick "BottcherP"
2 : Stéphane "Morea"
3 : Benoît "BenG"
4 : Arnaud "Rodolf"
5 : Jehan
6 : Frank (fvdb)

Le reste des points sera publié au fur et à mesure de leur réception, mais ca s'annonce sans trop de suspense...

Vin Sucres M S 1 2 3 4 5 6
Brut 2002   14,2 0,6 15 15 14 13 14 14
Brut 1995   15,7 0,8 16 17 15 15 14,5 16,5
Sec 2007 3,5 g 14,9 1,1 16,5 16 15,5 14 13,5 14
Sec 2002 3 g 16,3 0,6 17 17 15 16,5 16,5 16
Demi-sec 2005 20 g 13,5 0,8 15 13 14,5 12 13 13,5
Demi-sec 1996 20 g 15,7 0,8 16,5 17 16 14 15,5 15
Moelleux 1996 60 g 15,7 0,5 16 15 16,5 15 15,5 16
Moelleux 1997 60 g 17,7 0,6 19 18 17 17 17,5 17,5
Moelleux 2003 70 g 14,5 0,6 14,5 16  16 13 14,5 14,5
Moelleux 2005 75 g 14,4 0,6 15,5 15  14 14   14
Moelleux Réserve 2005 130 g 16,8 0,6 16,5 15,5  18 16,5 16 17
Moelleux Réserve 1997 110 g 18,1 1,1 19,5 19 19 17,5 17,5 16
Moelleux Réserve 2003 150 g 16,2 0,8 18 16 16,5 16,5 14,5 15,5
Moelleux Réserve 1989 155 g 18,6 0,7 19,5 19  17 18,5 19 19
Moelleux Réserve 1ère Trie 1989 180 g 15,9 0,8 16 16  16,5 14 16 17
Moelleux Réserve 1990 220 g 16,2 0,2 16 19  16,5 16 16,5 16
Goutte d'Or  1947 ? 18,6 1,1 20 19  18 17   19,5

Commentaires

Patrick "BottcherP

Le paradis existe, je l'ai rencontré hier au détour de 17 vins ...

01. Vouvray Brut Méthode Traditionnelle 2002 

La robe est marquée par le côté jaune doré du chenin et les bulles sont assez fines. Le nez est assez discret au premier abord puis s’ouvre sur des notes de mirabelle, de fruits jaunes (coing), des aromes floraux et un peu de miel.
En bouche, le vin s’avère ample, porté par une belle acidité avec un beau rappel en finale sur les fruits jaunes, tout en finesse. 15/20

02. Vouvray Brut Méthode Traditionnelle 1995

La robe est nettement plus évoluée que le 2002, sans pour autant présenter des notes foncées. Les bulles sont belles, fines et nombreuses. Le nez est intense, beaucoup plus ouvert que sur le 2002 et les aromes tertiaires dont le champignon, tout en restant sur ces aromes de mirabelle et de coing.
En bouche, c’est très ample avec une acidité puissante et portante qui au-delà de l’équilibre, emmène longuement la finale sur le fruit avec une splendide fraicheur. Un très grand vin de bulles !!! 16/20

03. Vouvray Sec 2007

La robe est encore assez claire, d’un or bien brillant. Dès que le nez s’ouvre, il montre toute sa puissance, avec de belles notes fruitées sur les agrumes et du floral. En bouche on a une fraicheur vivace mais d’une grande finesse liée à l’acidité du millésime. La longueur, toujours sur la finesse est impressionnante, sans la moindre amertume ni la moindre perception de sucres.
Ce vin paraît assurément encore trop jeune mais  sa structure et sa matière semble le nous promettre une toute grande bouteille sur le vieillissement. 16,5/20

04. Vouvray Sec 2002

La robe est plus marquée par l’évolution. Le nez est très frais, intense avec d’une part des notes confites, et d’autre part des truffes et un petit côté iodé que certains voient comme une pointe oxydative.
En bouche, le vin est tendu par l’acidité d’une grande jeunesse et elle porte littéralement des fruits croquants sur une très belle finale. Un des plus beau Vouvray secs qu’il m’ait été donné de rencontrer… 17/20

05. Vouvray Demi-sec 2005

La robe est dorée avec déjà une certaine évolution faisant penser à un millésime dense. Le nez est très riche et complexe avec des notes fruitées (coing, clémentines), du champignon et aussi beaucoup de minéralité.
En bouche l’acidité est d’abord intense, mais très vite les fruits et le gras prennent le relais ce qui fait que la finale se ressent plus sur le sucre que la fraicheur, mais cela reste équilibré, et surtout très concentré. 15/20

06. Vouvray Demi-sec 1996

La robe est encore plus évoluée que le vin précédent. Comme pour le vin précédent, il y avait 20 gr de sucres résiduels mais le nez est ici complètement fusionné sur des notes de truffes, de confit de tisane et d’épices. La bouche est d’un grand équilibre entre l’acidité encore très présente, les sucres bien fondus et le fond de minéralité incontournable et un croquant fruité incomparable. 16,5/20

07. Moelleux 1996

La robe est jaune doré très brillant. Le nez est plus typique du chenin avec du coing confit, avec une pointe de miel, le tout avec une grande perception de fraicheur.
En bouche, on a à nouveau une acidité enlevée et portante qui donne au sucre et au fruit une belle impression d’équilibre frais et une finale d’une grande vivacité, très, très longue.
Un beau vin de plaisir. 16/20

08. Vouvray Moelleux 1997

La robe est parmi une des plus évoluée, assez caractéristique du millésime. Le nez est incroyablement complexe et pur à la fois. On retrouve de la fraicheur, du confit, mais aussi des notes caramélisées et un beurre salé très salin. Et tout cela avec une précision chirurgicale qui avant de porter la chose en bouche donne l’envie de s’époumoner « Attention devant… Grand vin »
La bouche est comme un balancier de deux enfants heureux qui inlassablement vibrent à chaque battement entre sucrosité et acidité, le tout dans un jardin d’Eden de richesse aromatique avec un gras très fin. La finale est tout aussi sublime…. Je n’avais qu’une pensée…. « M…, je vais devoir cracher cela ! ». 19/20

09. Vouvray Moelleux 2003

La robe est plus jaune doré, proche du Moelleux 96. Au nez, aussi, on retrouve les fruits jaunes (Coing), le miel et aussi les tartes aux poires de Debailleuil (oui, je sais, ca y faut connaître).
La bouche est plus large, plus dissociée entre la sucrosité et la fraicheur apportée par une acidité insoupçonnable pour le millésime. La finale est un peu plus marquée sur le botrytis avec une cohésion moindre que les vins précédents. Cela reste toutefois très appréciable. 14,5/20

10. Vouvray Moelleux 2005

La robe est jaune dorée assez claire. Le nez est un peu sur la réserve entre des notes fruitées et un peu grillées. En bouche le vin est équilibré parce que les sucres très denses restent rafraichis par l’acidité, donnant plu une impression de finesse que de lourdeur. En finale, le sucre domine mais sans amertume. Prometteur, mais à attendre, visiblement 15,5/20

11. Vouvray Moelleux Réserve 2005

On passe ici sur la version réserve avec 55 gr de sucres résiduels en plus. La robe reste très semblable à la version « de base ». Le nez est très complexe, puissant avec des notes grillées, fruitées (fruits blancs et fruits jaunes) et de thé ainsi que du botrytis. La bouche est subtile et soyeuse avec une longueur prodigieuse. Les sucres résiduels ne sont pas encore complètement fondus, ce qui peut paraître à la limite du sirop. Trop jeune, certes, mais déjà splendide. 16,5/20

12. Vouvray Moelleux Réserve 1997

La robe est à nouveau plus sombre, plus caramélisée comme pour le réserve classique, est-ce la marque du millésime ou de l’évolution ? . Le nez est dense, très complexe avec des notes de truffe, de champignon et d’agrumes confits. En bouche, l’acidité, énorme, exalte la sucrosité fondue, la minéralité et le fruit ; la longueur est incommensurable… Tout simplement la perfection. 19,5/20

13. Vouvray Moelleux Réserve 2003

On retrouve une robe plus jaune doré. Rien qu’à l’agitation, on voit nettement qu’on est sur une plus grande concentration en gras. Le nez est très intense, essentiellement sur le fruit avec une tendance exotique (banane) du confit et des notes grillées. En bouche, malgré la concentration des matières sucrées, on a pas d’impression de lourdeur, au contraire, on est plus sur une impression de finesse. La longueur est kilométrique, sur le moelleux certes, mais avec une pointe de fraicheur qui fait penser que cet oiseau-là volera bien encore 6-7 décades. Une grande réussite du millésime. 18/20

14. Vouvray Moelleux Réserve 1989

On est ici en face d’un vin certainement plus évolué, en tous cas, en ce qui concerne la robe. Le nez est au diapason en complexité et en finesse avec de la fraicheur, des aromes tertiaires (champignon) et une splendide minéralité.
En bouche, l’acidité d’une incroyable jeunesse rafraichit à l’idéal les 155 gr de sucres résiduels. En fait tout est énorme dans ce vin, la structure en bouche, la fraicheur et la finale où le champignon est présent, indéniablement. Tout cela en équilibre… presque aérien. C’est très très grand !!! 19,5/20

15. Vouvray Moelleux  Réserve 1ère Trie 1989

Imaginons le vin précédent survitalisé par Monsieur Pluuuus… C’est un peu l’impression de nombreux dégustateurs… En plus des caractéristiques du vin précédent, on retrouve peut-être des notes oxydatives… mais la bombe nucléaire de concentration sucrée me laisse interrogateur. On est sur le modèle 4x4 du vin précédent… et c’est peut-être ca qui le dessert. 16/20

16. Vouvray Moelleux Réserve 1990

Même gamme de robe que les deux vins précédents… mais le nez est ici très différent. D’une puissance invraisemblable, il est marqué par de la volatile et un champignon qui me donne personnellement une perception liégeuse. Peut-être, n’est-ce finalement pas tout à fait net.
En bouche, l’acidité tempère la sucrosité pour donner un bel équilibre entre fruit et champignon, sans trop de lourdeur. Dommage toutefois que le piquant persiste un peu ainsi que les notes liégeuses sur la finale, d’une longueur énorme au demeurant. 16/20

17. Vouvray Goutte d'Or  1947

Attraction indéniable de la soirée, on peut dire que la bestiole était attendue au tournant.
La robe fait penser à une suspension diluée de caramel mou tant au niveau de sa couleur que de la consistance…. Au nez, c’est un festival de complexité, tantôt sur les truffes, tantôt sur les mirabelles ou le beurre salé… et de la fraicheur, s’il vous plaît !
En bouche, il y a encore une belle fraicheur sur un équilibre d’une suavité étonnant, sans le moindre écœurement ni amertume avec des sucres fondus à l’idéal. Bon à tomber, tout simplement et ajouté au mythe qui entourait cette bouteille, ca fait 20/20 tout subjectivement mais aussi tout simplement !

Epilogue :

Que dire après tout cela… Que c’était grandiose, inoubliable… sans nul doute, mais, comme on le dit souvent, la fortune sourit à ceux qui s’y sont préparés, et là, le préparateur, c’était le maître en personne.
Merci MONSIEUR Philippe, merci pour cette finesse, cette fraicheur… et ces équilibres en bouche ; 24 heures après, mes papilles en frétillent encore de bonheur.
Vous êtes indéniablement un artiste du chenin, un Monet du vin, et je pèse mes mots. Hier soir, des légions de grands sauternes et d’alsaciens légendaires se sont inclinés respectueusement au passage de vos vins. Et d’écrire ces mots, sans la moindre exagération, mes yeux perlent de bonheur, ma peau se tend sous une vague de fraicheur.

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Benoît "BenG"

Brut 2002 : Robe jaune pâle reflets doré. Nez plutôt discret, citron et fruits blancs. Attaque vive et fraîche, belle tension, la bulle est
fine. Peut-être un petit manque de complexité.  14/20

Brut 1995 : Robe qui paraît moins évoluée que le 2002. Premier nez sur la réduction, la suie et le champignon frais. Bouche ample, grasse, vineuse sur la chaire de fruits et la brioche, petit manque de longueur
mais finale sur de beaux amers. 15/20

Sec 2007 : Robe jaune pâle aux reflets verts brillants. Nez de citron pressé et réglisse. La bouche est riche, belle longueur et finale
salivante par l'acidité et le citron.  Se révèle difficilement, sans doute dans une phase de fermeture par rapport à une dégustation il y a 10 mois. 15,5/20

Sec 2002 : Belle robe jaune-vert. Nez de citron confits, pamplemousse et coing. On s'attend à du sucre... Matière en bouche serrée, étriquée. Superbe acidité (plus que sur 2007) apportant l'allonge.

Demi-sec 2005 : Au nez pointe de réduction, nez iodé, anisé. Agrumes. La bouche est marquée par un beau gras et surtout l'acidité en début de bouche, suivie seulement du sucre. Ce qui fait évoquer par certains une certaine « mollesse » finale, toutefois balancées par une amertume correcte. 14,5/20. A revoir

Demi-sec 1996 : Nez de coing et d'agrumes confits. Superbe équilibre entre matière, sucre, alcool et acidité en bouche et finale vigoureuse. 16/20

Moelleux 1996 : Nez de noisettes grillées, agrumes et poire. Bouche en dentelle, vivacité, légèreté acidité qui tend le vin de début à la fin. Superbe 16,5/20 (je l'ai sous-coté à me relire)

Moelleux 1997 : Nez de caramel salé, iodé, minéral. Agrumes discrets. Vin surtout marquant par un très beau gras et soyeux en milieu de bouche suivi d'une acidité salivante. On ne perçoit pas les 60 g de sucre. 17/20

Moelleux 2003 : Nez salin, coing et miel. Plus marqué par le sucre, bouche de poire chaude fondante. Un peu monolithique mais malgré tout une belle réussite pour le millésime autour d'un équilibre parfait.

Moelleux 2005 : Vin difficile à déguster et à évaluer. Le nez ne se livre pas, c'est peu expressif, jolis amers finaux mais sans plus. A revoir... 14/20

Moelleux Réserve 1997 : Robe or brillante, nez minéral, iodé, champignons, truffe et fruits jaunes. Vivacité d'entrée, très beau jus
en longueur, acidité parfaite. Excellent. 19/20

Moelleux Réserve 2005 : Nez complexe de poire au four, raisins secs, orange et fraise même. La bouche est huileuse, un peu plus simple sur les fruits blancs et la rhubarbe prenant plus le pas sur l'acidité. 18/20 pour la complexité aromatique et le potentiel.

Moelleux réserve 2003 : Nez confit(uré), c'est puissant et enrobé en bouche. Un peu trop... mais c'est chercher noise! 16,5/20

Moelleux réserve 89 : vin d'une grande fraîcheur malgré le sucre, l'equilibre est impeccable. C'est efficace et classe. 17/20

Moelleux réserve 1ère trie : Robe jaune/orangée abricot. retour à une impression de plus de sec. Côté oxydatif qui joue ? Déroutant (mais agréable pour ma part, pas pour tous) après la série de moelleux réserve qui ont beaucoup de ressemblances entre eux. Palette arômatique sur les fruits jaunes et champignons. Acidité correcte 16,5/20

Moelleux Réserve 1990 : Pointe de volatile au nez, toujours un grand équilibre sucre/acidité, rien à redire. 16,5/20

Goutte d'OR 1947 : Robe quasi brune, reflets orangés. Nez d'une complexité folle : cassonade blonde au beurre salé ! Truffe. Mirabelles, groseilles vertes. On retrouve tout en bouche et surtout un fraîcheur
époustoufflante.

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Stéphane "Morea"

Une soirée doublement mémorable pour moi:

  • l'occasion d'aller à la découverte d'un vigneron que je connais mal. En tout et pour tout, jusque là, je n'avais pas goûté plus de 5 Foreau. C'est peu de dire que j'ai été emballé!

  • aussi et surtout, l'occasion de partager de grands moments avec des dcéens que pour les uns je connaissais, pour les autres, que j'ai rencontré avec beaucoup de joie.

Vouvray Brut Méthode Traditionnelle 2002
Jolie robe dorée claire. Nez sur le citron, le gingembre, quelques arômes pâtissiers. Si la bouche est riche, le vin manque de personnalité en bouche. Une belle entrée en matière tout de même. Bien +.

Vouvray Brut Méthode Traditionnelle 1995
Robe vieil or. Nez complexe sur le miel fin, le coing, le citron confit, le champignon noble et une très fine note oxydative. Le vin est bien présent en bouche, avec du volume, de la vinosité et un dynamisme qui lui donne ce qu’il faut de gourmandise. La belle rétro-olfaction lui donne de la longueur. Très bien+.

Vouvray Sec 2007
Robe dorée pâle. Nez discret sur la pomme, la badiane et le gingembre. La bouche est verrouillée sur le plan aromatique et laisse seulement entrevoir son potentiel avec un très bel équilibre entre rondeur et vivacité. Belle finale saline. Bien +.

Vouvray Sec 2002
Très jolie robe dorée, brillante. Nez puissant qui avec ses arômes de truffe blanche et de citron confit me fait penser à un Jurançon de petit manseng. De la gelée de coing également. La bouche a du volume mais aussi de la finesse, de l’élégance. De beaux amers en finale. Très bien+.

Vouvray Demi-sec 2005
Robe dorée pâle, de belles larmes tapissent le Spiegelau. Le nez me gêne (d’ailleurs, ce sera le cas sur les trois 2005) avec des fragrances de cire et de céleri. La bouche est encore dissociée avec des sucres pour le moment insuffisamment assimilés. Bien-.

Vouvray Demi-sec 1996
Robe dorée, intense. Nez dominé par les agrumes confits et le coing. Très belle bouche tranchante, typique du millésime avec un sucrosité parfaitement intégrée. Très bien+.

Vouvray Moelleux 1996
Robe jaune dorée. L’aromatique est faite de miel, de coing et de gingembre. Bien que riche tout en étant aérien, le vin a moins de présence en bouche que le précédent. La finale révèle de beaux amers. Bien+.

Vouvray Moelleux 1997
Belle robe ambrée, de loin la plus foncée jusque là. Très beau nez complexe, sur les fruits secs, la banane flambée, le caramel au beurre salé et la pâte à tarte. La bouche est une merveille d’équilibre entre liqueur et tension. Là encore, le vin termine long sur de beaux amers. Excellent et Coup de Cœur.

Vouvray Moelleux 2003
Nez dominé par le citron confit et les écorces d’oranges confites. La sensation de sucrosité est plus importante que sur le vin précédent avec une acidité qui s’affirme après le sucre sans lui servir de support. Bien+.

Vouvray Moelleux 2005
Le nez est frais sur le pamplemousse, le gingembre et la banane. Malheureusement, comme sur le demi-sec du même millésime, la dimension légumineuse me gêne. Si le vin ne manque pas d’équilibre, sa jeunesse et sa position dans la dégustation le desservent pour lui donner un côté « passe-partout ». Bien+.

Vouvray Moelleux Réserve 1997
Nez magnifique, le plus beau jusque là, riche mais pur, précis, sur les fruits secs (raisins de Corinthe), le miel et le caramel au beurre salé. En bouche, il est impossible de concevoir 110 g de SR et sur un millésime réputé chaud et lourd, le vin ne manque pas de fraîcheur. Le plus long en bouche (jusque là!). Grand Vin et Coup de Cœur.

Vouvray Moelleux Réserve 2005
Nez acidulé sur la rhubarbe qui dans le contexte relevé ne me plait pas plus que ça. Après ce superbe 1997, le sucre se montre plus présent en bouche et pour le moment le vin souffre d’un manque de complexité et d’une longueur inférieure. Bien.

Vouvray Moelleux Réserve 2003
Nez sur l’ananas et la paille ou plutôt le blé fraîchement fauché. En bouche, le vin est un peu monolithique, liquoreux avec une fraîcheur pas extraordinaire mais appréciable pour le millésime. Bien+.

Vouvray Moelleux Réserve 1989
Robe vieil or, orangée. Après un 1er nez légèrement poussiéreux, c’est un nez magistral qui se développe : coing, orange confite, pâte de fruit, vieil alcool, miel sont les éléments d’une énorme palette aromatique. La bouche est liquoreuse mais au moment où l’on craint que le vin ne s’empâte, l’acidité apparaît puis monte en puissance pour donner du muscle, mettre le vin debout et tout emporter. La finale, sur l’orange confite et le caramel au beurre salé, est superlative de longueur. Pour moi, peut-être le vin de la soirée. Très Grand Vin et Coup de Cœur.

Vouvray Moelleux Réserve 1ère trie 1989
Arômes de cire, de caramel, d’orange confite et une note oxydative qui reste élégante et fraîche. La bouche, sirupeuse, ne manque pas de fraîcheur mais est d'une sapidité relative. Très bien.

Vouvray Moelleux Réserve 1990
Robe ambrée, quasi-acajou. Le nez est riche sur la tatin, les fruits secs et la café, le champignon (pour moi, ce n'est pas liégeux). La bouche ne fait pas ses 220 g de SR et se montre même dynamique. Très grande longueur. A noter que ce vin a été servi parallèlement au suivant et qu’alors que je suis souvent passé de l’un à l’autre puis à l’un, ce 1990 n’en a pas souffert. Grand Vin et Coup de Cœur.

Vouvray Moelleux Gouttes d’Or 1947
Robe ambrée très foncée. Inutile de dire que le nez constitue pour moi un univers nouveau avec des fragrances de cassonade et surtout de truffe noire et de viandox. En bouche, l’aromatique est dominée par la truffe Mélanosporum mais aussi le café et le chocolat amer. Le temps a permis au vin de « manger » une grande partie de son sucre et le vin impressionne de complexité, d’équilibre et de longueur. Respect… Mythique et Coup de Cœur.

Merci à tous les participants (et à DC!) pour cette mémorable soirée. Vous me manquez déjà...

Stéphane

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Arnaud "Rodolf"

Quelques impressions générales sur les vins de cette première dégustation de la saison, après une longue pause estivale. Le moins que l'on puisse dire c'est que ça a commencé très fort.

J’ai été marqué par l’équilibre impeccable, presque professoral de tous les vins dégustés, toujours une belle fraîcheur présente, jamais de lourdeur et puis le tout semble vieillir magnifiquement bien. 

  • les bulles : beaucoup de vinosité dans les deux cuvées (brut méthode traditionnelle) 2002 et 1995, bulles très fines, bouche plaisante, riche pour le 95 (14 ans tout de même pour cette belle bouteille qui apporte beaucoup de plaisir), une petit manque de vivacité toutefois à mon goût.

  • Les secs : le 2007 est un gamin qui en l’état est surtout sur sa structure et sur des arômes citriques et de fruits blancs, le potentiel est là, à revoir dans plusieurs années. Le 2002 est superbe, très belle palette aromatique, belle finale.

  • Les demi-secs : j’ai été moins emballé. J’ai trouvé le 2005 fermé et j’ai également été gêné au nez comme BenG par certains arômes.

  • Les moelleux : un 97 au dessus du lot, superbe équilibre, long, complexe et qui se boit aisément. Sensations assez semblables pour moi sur  2005 et 2003, encore jeunes, le sucre est plus perceptible sur ces cuvées, plus fermés aujourd’hui que 1996 et 1997.

  • Les moelleux réserves : Les 5 bouteilles goûtées étaient remarquables. Gros coup de cœur comme beaucoup sur le 89, le meilleur vin de la soirée. A une courte longueur suit le 97.

  • La réserve 1e trie 89 : Bouteille qui divise, question de goût. Pour moi c’est un peu trop sucré mais ça reste très bien fait.

  • La Goutte d’Or 47 : Un vin de l’année de naissance de mes parents ! ça calme et forge le respect,  je rejoins tout à fait les commentaires précédents.

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Jehan

Voici mes impressions personnelles concernant cette très belle soirée de rentrée de DCVD.

Brut 2002

Nez mûr mais discret, plutôt sur le fruit jaune. En bouche, la bulle est fine mais je ne l'apprécie pas outre mesure, trop de présence pour moi. Finale de bouche sapide. 14/20

Brut 1995

Le nez est bizarrement plus sur le chenin. La bouche est plus convaincante, plus vineuse et grasse ; bizarrement j'y trouve un peu de pomme chaude en fond de bouche. retour sur l'amer assez sympathique.       14,5/20
Il est à noter que je ne suis pas un grand goûteur de crémants...

Sec 2007

Nez légèrement citronné, épicé (gingembre), avec une pointe de réglisse. En bouche, je pense y retrouver la dureté du SO2, peut-être à tord. Cela reste simple sur le citron, certainement une mauvaise phase.   13,5/20

Sec 2002

Nez beaucoup plus ouvert et riche. j'y vois un peu de truffe blanche, encore du gingembre  confit, un peu pamplemousse. Alors que l'on peut s'attendre à un vin moyennement sec, l'acidité répond bien présent et se développe bien en bouche (acidité riche ai-je noté) Belle longueur             16,5/20

Demi-sec 2005

Nez assez fumé, un peu végétal, anisé, avec une pointe de citron. Je lui trouve une attaque molle, sans harmonie réelle. Il faut lui laisser du temps.     13/20

Demi-sec 1996

Nez de sous-bois, mais également sur le coing et le miel de châtaigne. En bouche, il ne peut renier son millésime avec une acidité sans concession. Le vin est bien construit à partir de cela et la finale est assez longue    15,5/20
2 beaux vins et 2 relatives déceptions pour moi sur cette série. Le fait que ce soit sur les vins jeunes que j'ai eu des difficultés est certainement un signe...

Moelleux 1996

Le nez porte toujours sur le citron, pamplemousse mais aussi sur les fruits secs, il agréable à sentir. En bouche, la vivacité débordante du vin tient tête à la richesse du vin, et si cette vigueur n'est pas synonyme de grande finesse, elle donne beaucoup d'énergie à la bouteille!                        15,5/20

Moelleux 1997

Caramel doux, beurre qui crépite, citron confit : le nez est complexe et intéressant. La bouche est ronde et l'équilibre acide/sucre est magnifique. Le vin se développe bien en bouche, avec des saveurs épicées, encore de l'agrume, et une finale sur de très beaux amers.  très belle bouteille               17.5/20

Moelleux 2003

Nez plus riche, miellé, fruité, juteux. En bouche, on est manifestement sur un beau moelleux... qui me plaît moyennement. C'est un peu riche pour moi sans toutefois du tout avoir un sucre déséquilibré. Le vin est équilibré mais ce n'est tout simplement pas un équilibre que j'apprécie.         14.5/20

Moelleux 2005

Nez léger, avec un peu d'agrume mais aussi un nez un peu végétal. En bouche ça ne se goûte pas spécialement là. Je préfère ne pas noter.

Moelleux Réserve 2005

Le nez est bien intéressant : raisins de Corinthe dominants, mais également gelée d'orange, confiture de rhubarbe, fruits au four, etc... En bouche, le vin est assurément trop jeune, ne se dévoilant pas. Néanmoins, la structure du vin est déjà présente, et laisse présager à un très beau vin à l'avenir.    16/20 maintenant...

Moelleux Réserve 1997

Un miel très fruité, mais aussi de la confiture de rhubarbe, du fruit juteux et de la truffe. En bouche acidité intégrée, équilibre riche mais assez frais, petite impression huileuse assez agréable en fait. Bizarrement même si ce n'est pas mon style, j'aime beaucoup ce vin                             17.5/20

Moelleux Réserve 2003

Retour sur un nez plus "classique" miellé, agrumes, et mandarine ici. En bouche, trop riche pour moi mais il y a beaucoup de matière. Je n'arrive pas à accrocher totalement sur ce millésime je pense...   14.5/20

Moelleux Réserve 1989

Un de mes vins préférés de la série. L'équilibre est tellement bon à mon goût, avec une fraîcheur hors norme, que je verrais presque le vin sur un plat! Peu de mots pour le décrire...   La grande classe quoi!      19/20

Moelleux Réserve 1ere trie 1989

Vin assez surprenant, plus riche que le précédent avec un nez déroutant. En bouche, un peu trop sucré et une palette sur les champignons. Le niveau trop loin pour moi... ou alors dans 25ans?     16/20

Moelleux reserve 1990

Help, je n'en peux plus!!  (sic) Le 1990 est "rempli" de vin, avec un bel équilibre et une belle acidité. Complexité sans rien à redire.           16,5/20

Goutte d'Or 1949

Ce vin résume bien le fait qu'être vieux, c'est que dans la tête... car c'est un vigoureux gaillard de 62 qui nous a parlé. Un vin à ne pas déboucher en présence d'un cochon chercheur de truffes du Périgord, tant la parenté est flagrante (avec le melanosporum, pas le porcin). Mais le chercheur attentif y trouve son sucre candi, sa petite touche de beurre et ses mirabelles.  En bouche, on quitte le vin blanc pour rentrer dans le monde du Vin. Les écueils des vins madérisés etc. sont tellement loin de ce que nous pouvons trouver que j'en suis encore tout esbaudi. Bref, on ne note plus ces choses là...

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Révision : 18 March 2010