DCVD - Dégustations - Bordeaux 93


Comment ont évolué ces vins après quinze ans, c'est ce que, dans le cadre de notre Club DCVD,  Laurent secondé de Yves nous propose comme réflexion de la soirée. Les vins sont servis à l'aveugle dans une ambiance très studieuse.... calme qui ferait fuir le plus tendre des Gunthards, sortes de dieux vivants de la dégustation auxquels, chacun de nous, voue une admiration sans limites. Jehan, serais-tu celui par lequel l'ambiance se déchaine?

Passez outre le fantastique civet de Laurent et Yves, servi en fin de dégustation, serait une insulte à la bienséance et surtout au plaisir, tant ce que nous ont proposé les deux compères était top de top. Merci les gars ! Allez hop...

Dégustation effectuée Novembre 2009

A propos du millésime 1993

Les conditions climatiques s'étaient avérées très bonnes jusque fin août, mois particulièrement caniculaire et en cette fin de mois, on avait une excellente maturité des raisin. Hélas, toutes les vendanges ont été faites en présence de pluies, avec, dans certaines appellations, des trombes d'eau qui se sont abattues.
Il en résulte un millésime assez atypique, très variable en fonction du moment où les raisins ont été récoltés et du soin apportés à ceux-ci. Les vignerons ayant anticipé le fait que le climat allait perdurer maussade et qui n'ont pas cherché à trop extraire semblent s'en tirer nettement mieux que les autres.

Globalement, dans le Médoc, les tannins ne sont pas toujours très mûrs , ce qui rend les vins plus austères et la dilution de certains provoque un manque de fruit qui confère un déficit en souplesse et en gourmandise.
Par contre, dans le Libournais, particulièrement les Saint-Emilion, Pomerol, les raisins, ayant bénéficié de maturités encore plus précoces, ont été vendangés avant le Médoc, présentent moins de dilution. Certains vins, dans leur jeunesse, se distinguaient par une profondeur et une fermeté inattendues.
Pour les Graves, la situation est assez comparable au Libournais.

Liste des vins dégustés

       

  1. Troplong Mondot

  2. Léoville-Barton

  3. Gruaud-Laroze

  4. Léoville Las Cases

  5. Lagrange

  6. Le second vin de Mouton-Rothschild

  7. Cos d'Estournel

  8. Mouton-Rotschild

  9. Sociando-Mallet

  10. L'Angélus

       

BottcherP

1.Troplong Mondot

La robe est grenat, assez profond avec des marques d'évolution. Le nez est assez complexe, étonnamment jeune avec des notes boisées-lactées dominantes mais aussi des fruits noirs et rouges. L'alcool est aussi perceptible.
En bouche, on retrouve un bon équilibre entre acidité, gras et tanins, avec une présence non négligeable de fruit. La finale est toutefois dominée par l'amertume des tanins. 14,5/20

2. Léoville-Barton

La robe est beaucoup plus évoluée mais conserve de la profondeur. Le nez est d'abord très fermé, puis s'ouvre lentement sur des notes à la fois herbacées (fougère) et boisées, sans la moindre trace de fruit.
La bouche est marquée par une acidité moyenne et un équilibre totalement dévié vers les tanins très durs. Bien qu'on retrouve un peu de fruit en milieu de bouche, la finale est dure et courte.. 11,5/20

3. Gruaud-Laroze

La robe est assez diluée, très claire aux abords, plus dense au cœur. En bouche le net est assez net, complexe fait de fruits noirs compotés, de boisé (vanille très présente) et d'une pointe de végétal et d'alcool.
La bouche est très intéressante, charnue, bien sur le fruit rouge avec une acidité d'attaque rafraichissante et des tanins assez fins. Dommage que la finale soit un peu diluée et plus marquée par l'amertume, sinon, on aurait eu, ici, un très beau vin. 15/20

4. Léoville Las Cases

La robe est encore très dense, presque jeune. même chose pour le nez, plein de fougue avec des notes surmuries et beaucoup d'élevage, un vin définitivement très technique ? La bouche ne confirme pas vraiment le nez et si les fruits noirs sont présent, on est confronté à une terrible dureté des tanins, aggrémenté d'un côté "trop sec". 12,5/20
A noter que sous l'impulsion de Vincent, le vin est resservi en fin de dégustation, et là, il faut admettre qu'il a grandi en plaisir, en fruits et en longueur, la finale étant d'une bonne longueur. 15/20

5. Lagrange

La robe est bien évoluée et le nez propose des fruits noirs compotés qui semblent fort extraits ainsi que du bois. Malgré le côté technique de ce nez, cela reste plaisant, voire agréable et séducteur. La bouche est à l'inverse du Las Cases, goûté la première fois, pleine de fraicheur, de rondeur avec un fruit gourmand que relève bien des tanins avec pas mal de relief. La finale est très intéressante. Un très beau vin avec du plaisir 16/20

6. Le second vin de Mouton-Rothschild

Je rappelle que les vins nous sont présentés à l'aveugle... on peut dire que celui-ci faisait office de pirate?
La robe est diluée et le nez manque de netteté avec un manque de structure et de complexité hallucinants. En bouche, il y a du bois et rien que du bois, on se croît en train de sucer un vieux bâton de réglisse sans âme. Indigne, mais toutefois intéressants de l'avoir mis dans la dégustation. 9/20

7. Cos d'Estournel

Retour à une robe, plus dense, plus structurée. le nez est fermé, manque de netteté, fait penser à des côtés truffés et ne réjouit que très peu l'assemblée. la bouche est au diapason et fait plus penser à un problème de bouteille, sans incriminer le bouchon, qu'à un problème de futaille. Dommage, parce que l'on perçoit que derrière ce flou, il y a de la matière à revendre. A revoir. 11/20

8. Mouton-Rotschild

La robe est encre très jeune avec un grenat très profond. Le nez est frais et complexe avec des fruits rouges bien mûrs, un côté viandeux et une petite pointe d'alcool. L'élevage est présent lui aussi, mais sans brutalité. En bouche, l'élégance est de mise avec un splendide équilibre, entre la fraicheur, le fruit et les tanins très structurés. Si la longueur avait été plus au diapason (c'est un peu comme les Finger de Mr Cadbury) et un poil moins asséchante, on aurait eu là, un tout tout beau vin. 16,5/20

9. Sociando-Mallet

Une des robes les plus évoluées de la soirée. Le nez par contre est séducteur et puissant, avec une belle complexité où fruits rouges et noirs se donnent le change. On aime à s'y attarder.
Si, à l'attaque, l'acidité est un peu en retrait, le milieu de bouche est très dense, plein de fruits, avec des notes de bois de réglisse et des tanins plus fins que charpentés. La finale est en accord avec tout cela. le vin le plus gourmand de la soirée et coup de cœur. 17,5/20

10. L'Angélus

La robe est très jeune, très noire avec un peu d'évolution sur ses bords. Le nez est très puissant, plus sur la torréfaction que tous ses congénères de dégustation. On retrouve aussi de la menthe, de la vanille et le tout fait penser à une extraction menée au bout. La bouche confirme ce sentiment, mais pour ceux qui aiment le style, elle est pleine, fraiches avec pas mal de fruit, le tout structuré par des tanins charpentés. Force m'est de reconnaître que c'est un très beau vin, avec un style très prononcé. 17/20

Conclusions

Bien que présents en majorité, les Médocains s'en tirent pas mal avec deux belles surprises que sont Lagrange et surtout Sociando. On retrouve toutefois certaines caractéristiques prévisibles telles la dureté des tanins, l'amertume et la dilution en finale, ainsi qu'un léger manque de fruit en bouche, mais c'est très loin de ce qu'y était annoncé et au moins trois vins sur les 8 présentés raviraient pas mal de palais accompagnés d'une bonne gastronomie. On peut dire que les réticents à l'idée de cette dégustation étaient un peu en manque d'arguments majeurs en fin de celle-ci.

Les deux Libournais s'en tirent à mon avis, très bien, Troplong ayant souffert de la difficulté d'ouvrir le bal. angélus est fidèle à son style mais il aurait eété très difficile de sortir son millésime, sans le connaître à l'avance.

Si le millésime s'en sort bien, reste toujours à se poser la question du formatage global de ces vins avec lesquels un "terroiriste commé muéé" a pas mal de difficulté. Ce serait peut-être trop facile de dire que s'en tenir à Sociando aurait été suffisant... c'est facile, certes, mais combien ne l'ont pas dit ou pensé.

 Quoiqu'il en soit un tout grand merci à l'organisateur et son copilote ! Et Viva DCVD!

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Fvdb

Moi qui n'était pas très chaud sur le thème de la soirée (au vu de ce que j'avais lu et entendu), je ne peux que remercier Laurent d'avoir voulu tenter le coup. Les bouteilles étaient dans l'ensemble d'un bon niveau (à l'exception de l'une ou l'autre), voire d'un très bon niveau pour Sociando, Mouton, Lagrange et Angelus.

SM est pour moi la bouteille de la soirée, tant le vin semble encore jeune, son équilibre en bouche est superbe. Le vin a gardé beaucoup de volume, du fruit et les tanins sont réglissés, c'est réellement très bon.

Je retiens aussi que je ne suis pas parvenu à identifier rive gauche de rive droite, et encore moins les appellations, comme quoi il y a encore du boulot.

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Lagvin

Dans l'ensemble, cette dégustation est assez conforme au millésime avec pas mal de vins souffrant de dilution et de notes végétales très présentes qui nous apportent peu de plaisir (je pense surtout à Petit Mouton, Cos et Barton). Certains essaient de cacher cela par de l'extraction et un côté technique qui masquent très souvent l'origine du vin (Troplong et Angélus).

J'ai beaucoup aimé Sociando et Lagrange qui ont en commun le côté plus soyeux des tanins et une maturité de fruit que l'on ne ressent pas chez les autres. Las Cases comme à son habitude à besoin d'aération pour s'exprimer. Il devient alors un vin fin ,élégant et raffiné mais qui manque un peu de concentration.

Mouton s'en sort pas mal avec un boisé fondu et un côté gourmand (rapport qualité/prix ??????). 
Gruaud présentait également un assez bel équilibre mais une petite touche alcooleuse en finale et un côté poivron qui signait également le millésime.

Merci aux organisateurs d'avoir rassemblé ces bouteilles, car même si le plaisir n'était pas toujours présent, la dégustation fut intéressante et confirma la capacité de certains châteaux de faire du bon vin malgré les difficultés de la météo.

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Rodolf

J'ai également trouvé cette dégustation très intéressante et j'ai été plutôt été agréablement surpris par la qualité moyenne des vins servis dans ce millésime réputé si difficile.

  • Troplong-Mondot : robe déjà bien évoluée, reflets oranges. Au nez se dégagent des arômes de fruits noirs et de noyaux de cerise. Bonne attaque en bouche, milieu assez distingué mais finale un peu alcooleuse et amère. 14/20

  • Léoville-Barton : nez très discret, en cherchant bien on retrouve un peu de fruits mais également des notes herbacés et de fougères. La bouche se veut plus distinguée mais reste fluette. vin trop léger. Déception. 12/20

  • Gruaud-Larose : ici aussi, nez assez similaire à Barton, un poil plus complexe. Par contre la bouche est beaucoup plus agréable, plus ronde, de belle ampleur et qui finit sur de beaux  tanins, belle longueur également. 15,5/20

  • Las-Cases : au premier tour de la dégustation ce vin ne passe pas, difficile de le commenter et de le noter, tannins verts et asséchants. A la découverte de la bouteille c'est une grosse déception. Au second tour, le vin est plus en place, plus agréable mais pas extraordinaire non plus. 13/20.

  • Lagrange : très beau nez, très net, complexe,  sur les fruits type mûres, myrtilles, quelques notes de tabac également. La bouche me plaît beaucoup, distinguée, assez ronde et sur les fruits. Un très bon vin. Coup de coeur : 16,5/20

  • Petit Mouton : très moyen : 10/20

  • Cos d'Estournel : nez peu flatteur voir un peu dérangeant . la bouche ne se montre pas très agréable non plus. 11/20

  • Mouton-Rothschild : Beau nez, très distingué et élégant sur des fruits bien mûrs. La bouche est complexe, longue et racée. J'ai beaucoup aimé. Le vin de la soirée en ce qui me concerne. 17,5/20

  • Sociando-Mallet : Je me démarque un peu de mes camarades, ce vin n'ayant pas soulevé chez moi le même enthousiasme, sans défaut et même bon sans aucun doute, mais j'ai pas eu beaucoup de plaisir en le dégustant. Question de goût sûrement.  15/20.

  • Angélus : Robe  sombre presque noire, nez dense, crémeux et vanillé. Bouche pleine, gourmande, bien structurée et longue. Un vin très flatteur et qui paraît jeune. Perso, j'aime beaucoup. 17/20

Merci à Laurent et Yves pour l'organisation de la dégustation et pour l'excellent civet de biche qui a accompagné tout cela.

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Révision : 30 November 2009