DCVD - Dégustations - Le Val d'Aoste


Jehan nous a proposé une splendide découverte des Vins du Val d'Aoste une des plus petites et plus hautes régions vinicoles d'Italie.
Vous trouverez ci-dessous une description de la région et un entretien avec un vigneron réalisés par Jehan ainsi que les commentaires d'une dégustation exhaustive des vins de la région.

Dégustation effectuée Octobre 2009

Les vins du Val d'Aoste

"Si le vin est divin, c'est sur, c'est le Cornalin ;
S'il est bien frais et doux, c'est le Petit Oriou ;
S'il est prisé, c'est lui, le Mayolet ;
Crois-moi, ami du vin, regarde pas loin ;
Respecte des cépages, ne bois que du bon vin."
(Auteur inconnu)

1. Introduction

Le Val d'Aoste, région autonome italienne enclavée dans les Alpes, abrite la plus petite région viticole transalpine, à peine 600ha. Si l'aura des vins valdotains ne dépasse que rarement les cimes alpines, leur intérêt peut atteindre les papilles des curieux que nous sommes.

Le vignoble s'étend sur 85km, de Courmayeur à Donnas, non loin du Piémont. Il se subdivise en 3 sous-régions :

  • La Valdigne, ou Vallée Haute, où l'on trouve les vins de Morgex et La Salle, jusqu'à 1200m d'altitude!

  • La Vallée Centrale : Autour de la ville d'Aoste, certains des plus grands vins valdotains y sont produits.

  • La Basse Vallée : Autour de Donnas, cete partie du vignoble où l'on retrouve de plus en plus le Nebbiolo cher au célèbre voisin piémontais.

2. Géographie, climat et géologie du vignoble

La particularité du Val d'Aoste est d'être extrêmement encaissé entre les diverses chaînes de Montagnes, ne laissant qu'une mince bande de vallée, où la Doire Baltée (rivière traversant la région du nord au sud), l'homme et l'industrie prennent place. A cause de ceci, les vignes se sont toujours développées à flanc de coteaux, à une altitude variant de 300 à 1200m.

Sur les 600ha de vignes, plus de 200ha sont plantés sur des terrains dont la déclivité dépasse les 30% et plus de 150ha sont plantés dans des terrasses, ce qui donne près de 60% du vignoble non mécanisable, vous comprendrez aisément la difficulté de travailler ces sols.

La région jouit d'un climat continental, étonnement chaud et sec pour cette altitude, qui permet à la vigne d'avoir un cycle végétatif long (certains vins, non surmûrs, sont récoltés fin octobre) sans trop de problèmes d'humidité. Le pendant négatif est qu'il est obligatoire d'arroser les vignes, du moins les jeunes vignes, tellement le sol est sec. Si l'arrosage est "tabou" en France, il est clairement omniprésent dans cette contrée : la moindre pelouse publique en altitude est munie de son arrosoir automatique (les eaux des glaciers proches font qu'ils ne sont guère en pénurie d'eau ces de par là-bas). Le caractère sec de la région est dû aux chaînes de montagnes, qui ne laissent pas passer les nuages : Aoste est entouré du Mont Blanc, du Mont Rose, du Cervin et du Grand Paradis.

Au niveau des sols, inutile de dire que la montagne joue encore un rôle prépondérant. La transformation des roches primaires a donné des sols calcaires, peu structurés avec des sables de quartz dans certains endroits. Plus bas dans la vallée, le sol est plus argileux, donnant des vins plus riches.

3. Histoire, le vin dans la société

La viticulture est certainement arrivée avant les Romains, comme en attestent des restes d'amphores datées du 5ème siècle AC. Après avoir connu des hauts et des bas, la vigne prend son essor au Moyen-Âge avec l'avènement de la culture des cépages autochtones que nous connaissons ; elle connaîtra un pic au 19ème siècle avec  plus de 3000ha cultivés, avant de connaître un fort déclin suite à l'industrialisation outrancière de l'Italie du Nord, et spécialement du Val d'Aoste avec ses vallées connexes aux forts accents miniers.


exemple de terrasses en friche suite à l'arrêt de viticulture...

Les coopératives ont fortement participé à sauver la viticulture dans la région, que ce soit en permettant de réaliser et commercialiser les vins, mais aussi et surtout en sauvegardant l'exceptionnel patrimoine de vignes qui à tendance à disparaître. De fait, les coopératives prennent le raisins de cultivateurs qui ont à peine 2-300pieds de vignes, mais qui préservent les terrasses de la friche. Il faut savoir que plus de 67% des viticulteurs ne possèdent pas plus de 0,2ha, et 3% seulement dépassent l'hectare (beaucoup reversent dans les coopératives).
Il est très intéressant de remarquer que tous ces cultivateurs, et d'ailleurs tous les valdotains, ont une vraie passion de leur terre, à laquelle ils donnent beaucoup d'attention et qu'ils essaient d'exploiter au mieux (à chaque maison son -beau- potager).

Le vin du Val d'Aoste est fort ancré localement, et s'exporte fort peu d'ailleurs, même en Italie... Il est d'ailleurs comique de remarquer que même dans le Val de Cogne voisin, le vin valdotain ne trouve pas place dans la gastronomie ; ce qui renforce l'idée que chacun est fier de son hameau (frazione) et que l'on quitte difficilement ce schéma.

4. Types de vins rencontrés

Dans ce chapitre, les diverses DOC et cépages seront traités. Pour les non-connaisseur, le Val est difficile à appréhender directement avec les différentes DOC (que ce soit de cépage ou de lieu) et les différents cépages autochtones.

DOC

Les vins sont nommés sous la DOC "Vallée d'Aoste", et peuvent avoir une sous-mention géographique ou de cépage, à savoir :

géographique, 7 appellations :

  • Blanc de Morgex et de la Salle

  • Enfer d'Arvier

  • Torrette

  • Nus

  • Chambave

  • Arnad-Montjovet

  • Donnas

par cépage, 15 appellations :

  • Chardonnay

  • Cornalin

  • Fumin

  • Gamay

  • Mayolet

  • Merlot

  • Müller-Thurgau

  • Nebbiolo

  • Petite Arvine

  • Petit Rouge

  • Pinot Gris

  • Pinot Noir

  • Premetta

  • Syrah

Je vais parler un peu plus de quelques sous-appellations, que j'ai eu l'occasion de connaître un peu plus, que ce soit de cépage ou de terroir.

Blanc de Morgex et de La Salle

Cette appellation, une des plus haute d'Europe, n'autorise comme cépage que le Prié Blanc (autochtone) et seulement planté franc de pied. Les vignes sont conduites traditionnellement en pergola, souvent soutenues par des pieds en pierre séculaires. La saveur de ces vins est surprenante pour des vins de cette altitude, et est vraiment délicate. Le Prié Blanc est un cépage normalement assez précoce, connu sous le nom d'Agostenga en Piémont et de Précoce vert à Madère, il ne souffre évidemment pas trop du froid. (certaines vendanges se font sous la neige.)

Enfer d'Arvier

Appelation entre la Haute Vallée et la Vallée Centrale. Son nom vient de l'ensoleillement extrême des vignes (et certainement des vignerons, d''où l'Enfer). Exposition plein sud et pentes extrêmes sont au programme des valeureux vignerons. Les vins doivent contenir minimum 85% de Petit Rouge.

Torrette

Grande appellation, articulée autour du Mont Torrette qui est le coeur de l'appellation, le Torrette n'est pas le "grand vin" de la région, avec son assemblage d'au moins 70% de petit rouge, mais doit donner un vin rouge assez léger, fin et arômatique. Il existe le Torrette supérieur, qui doit au moins avoir 90% de petit rouge et qui peut vieillir en fûts, mais selon C. Charrères, cela dénature le vin en lui donnant une structure un peu déséquilibrée. J'aime personnellement ce vin délicat mais à la vraie personnalité. Le Petit Rouge est un cépage de la famille des Orious, de maturité assez tardive (troisième époque), il est sensible à l'humidité.


vue du Mont Torrette, percée en avant de la montagne

Nus Rouge

Appellation à la sortie de la Vallée Centrale. Elle doit au minimum contenir 70% de cépages "locaux" dont au moins 40% de Vien de Nus. Le Vien de Nus est un cousin du Petit Rouge, de la famille des Oriou. Peut-être pas le cépage le plus qualitatif de la famille des Oriou d'ailleurs...

Nus Malvoisie

Appellation en vin blanc autour de Nus. Le cépage Malvoisie et le Pinot gris s'y côtoient.

Chambave Rouge

Autre appellation faisant appel au Petit Rouge, à hauteur de 70% au minimum. Les altitudes ici commencent à descendre avec des hauteurs de 350-400m.

Chambave Muscat

Appellation également autour de Chambave dont le seul cépage autorisé est le Muscat blanc à petits grains. Vin d'apéritif sans prétention, il peut atteindre des sommets de complexité dans la version "Passita" (grappe desséchées en cageot) ou en version type vendanges tardives. Une gourmandise contrebalancée par une certaine acidité.

Arnad-Montjovet et Donnas

Ces 2 appellations, aux portes du Piémont, font la part belle au Nebbiolo et au Fresia. Le Donnas est surnommé le petit frère montagnard du Barolo, mais tout le petit frère de Zidane n'est pas LE Zidane non plus...

Fumin

Appellation de cépage (qui a d'ailleurs failli disparaître). Ce cépage rouge , parfois confondu avec le fresia, est uniquement connu dans le Val d'Aoste, où il a failli totalement disparaître (il n'en reste pas 30ha). Je trouve beaucoup de classe à ces vins, qui ont à la fois du corps et une certaine acidité (il lui faut 2ans avant de pouvoir être goûté, sinon l'acidité est bien trop mordante).

Petite Arvine

Un cépage alpin, que l'on retrouve de l'autre côté du Grand Saint-Bernard également, il serait d'ailleurs originaire de Martigny (non, pas de Fully!!). Cépage de maturité assez tardive, de vigueur moyenne, qui demande une très belle exposition pour mûrir.
Ces vins blancs sont déclinés de diverses manières dans la région : les vignerons prennent le choix de faire la malo ou pas et récolter à divers stades de maturité. D'après mon expérience, ces vins sont surtout intéressant lorsque la malo n'est pas faite (arômatiquement plus abouti) et surtout lorsqu'ils ne sont cueillis qu'à un stade de maturité pas trop avancé, sous peine de produire un vin mou. Ce vin peut être un vin de garde à part entière. Assurément un cépage à ne pas manquer!

Petit Rouge

L'autre cépage local rouge répandu dans la vallée, qui possède sa propre DOC et intervient dans la DOC Torrette. Ce vin intervenait souvent dans les Zuppe locale. (voir Torrette)

Cornalin

A ne pas confondre avec le Cornalin Suisse, car le Cornalin du Val d'Aoste porte le nom d'Humagne Rouge chez les helvètes. Ce cépage donne des vins complexes et de garde, dont le localement célèbre Broblan de la Maison Anselmet. Maturité assez tardive.

Premetta

Nom plus commun du cépage Prié Rouge, parent du Prié Blanc. Principalement cultivé aux alentours d'Aoste, il donne un vin peu coloré aux arômes floraux. Il est parfois cueilli flétri pour en faire un vin de paille rouge, ce qui peut être très intéressant!

5. Conduite de la vigne et des vinifs

Les vignes sont plantées uniquement en coteaux, souvent dans de très petites parcelles. Si certaines vieilles parcelles sont encore plantées en foule et franches de pieds, la majorité des vignes sont maintenant sur porte-greffes, plantées en rang. La densité des plants ne m'a pas frappé outre mesure, nous devons en général être sur du +- 5000pieds/ha (7-8000 au domaine des Crêtes).

Qu'en est-il de la taille? Traditionnellement, les vignes étaient conduites en pergola de +- 1m/1m50 de hauteur, et c'est encore le cas dans la DOC de Morgex et de La Salle. Pour ce qui est du reste, d'après ce que j'en ai vu, divers type de conduites existent, mais la taille en guyot se fait la part belle du vignoble.
Comme déjà dit, il y a un système d'arrosage partout dans le vignoble, car les jeunes plants ne supporteraient pas les sécheresses des étés arides. Chez certains, seuls les jeunes plants sont arrosés (3ans) et les autres en cas de sécheresse extrême, comme ce fut le cas en 2003 où certaines vignes n'ont pas passé l'été.

Traditionnellement, les valdotains n'ont pas la culture de la barrique de bois, mais celle-ci s'impose sur certains vins avec plus ou moins de bonheur. Les élevages sont assez courts dans les coopératives, et seuls quelques vignerons ont les moyens d'élever leurs vins assez longtemps (indispensable sur le Fumin par exemple). Je n'ai pas discuté du soufre, mais on peut penser que les vins sont généralement assez soufrés, d'après ce que j'en ai bu.

6. Le vin dans la gastronomie locale

Il faut distinguer le Val d'Aoste dans son sens large et dans le sens restreint. Il n'y a pas une gastronomie pour toute la région mais on distingue diverses zones gastronomiques : la Vallée Basse, le pied du Mont-Rose, le Pied du Grand Saint-Bernard, la Vallée de Cogne, le Pied du Mont-Blanc. Il faut savoir que les vallées connexes telle la Vallée de Cogne ne buvaient pas de vin, aussi je me limiterai à parler de la partie "viticole" du Val.

Montagnarde, la cuisine locale n'est pas d'un raffinement extraordinaire, le but premier étant de nourrir son homme. Le vin rouge est souvent compagnon des Zuppe locales, de certaines polenta et du gibier en sauce, tandis que le vin blanc accompagnera les charcuteries et fromages (Mocetta, Fontina, Pis de Vache, ...) ainsi que les poissons.

J'espère que vous aurez apprécié de lire ce petit texte, et qu'il vous aura un peu appris sur cette magnifique région.

Jehan

Rencontre avec un vigneron

Texte bientôt disponible

Liste des vins dégustés

« Parce qu'on a créé une réalité et dans notre réalité, on a inventé le temps: les 24 heures, les 365 jours par an. Ce qui est bien! Comme ça on sait que quand je traverse le living-room et que je marche de ma cheminée à ma fenêtre, ça prend 10 secondes mais pour l'oiseau, ça prend une seconde et pour l'oxygène 0 seconde! »

Le Val d'Aoste est une magnifique région où le temps devient si relatif...  Comme vous vous en doutez, en préparant la dégustation, Jehan a voulu l'axer sur une découverte des différentes appellations sur certains cépages locaux, servis en diverses séquences que voici :

  • Mise en bouche (1, 2)

  • Les blancs des cîmes : vins de Morgex, cépage Prié Blanc (3,4)

  • Les Petites Arvines (5,6)

  • Bonus : Chardonnay cuvée Bois (7)

  • Le Petit Rouge dans tous ses états (8 -> 11)

  • Cépages de caractère (12 -> 15)

  • Vins de dessert (16, 17)

  1. La Kiuva « Seigneurs de Vallaise »  Brut 2007
    Spumante Brut 100% Chardonnay. La Kiuva est une coopérative de 11ha dans la Vallée Basse, près d’Arnad.
     

  2. La Crotta di Vegneron « Muscat Chambave » 2008
    Partie viticole de la coopérative de La Crotta, également active dans le lait, ils font l’effort de sauvegarder un maximum les cépages locaux et traditionnaux. Ce muscat à petits grains entre dans la seconde option, car si le cépage se retrouve dans d’autres régions également, il est historiquement présent dans le Val. Les valdotains aiment ce vin comme vin d’apéritif, ou alors flétri en vin de dessert.
     

  3. Marziano Vevey, Blanc de Morgex et de La Salle 2008
    11,5°, vignes vers les 1000m. vignoble de 1,6ha seulement.
     

  4. Cave du Vin Blanc de Morgex et de La Salle  cuvée Rayon 2008
    Acidité tartrique ? 5,5g/l, 12,5° d’alcool, elevage inox, vignes vers les 900m
     

  5. Domaine Les Crêtes « Petite Arvine » 2008
    LE domaine du Val d’Aoste. Vignes entre 550 et 600m avec une densité de 7500 pieds/ha. Vendanges fin septembre/octobre selon les années,  long élevage en cuves  (et une partie en foudres d’acacias je pense).
     

  6. Château Feuillet « Petite Arvine » 2008
    Le Château Feuillet est une exploitation de 3.8ha dans le cœur du vignoble de Torrette. Le 1/2ha d’Arvine est planté en 2 clos à une altitude de 700 et 800m, vinifiés ensemble après les vendanges en fin octobre.  Vinification en cuves thermorégulées.
     

  7. Domaine Les Crêtes, Chardonnay « Cuvée Bois » 2006
    Sélection polyclonale de vignes bourguignonnes (C. Charrères a beaucoup de contacts avec les bourguignons, c’est un voyageur), 7500 pieds/ha. Elevage long sous fûts (De Allier pour les connaisseurs) puis élevage en bouteille avant mise en vente.
     

  8. La Crotta di Curtaz, Torrette 2008
    Vignoble de 1ha dans le Torrette. Assemblage suivant : 75% petit rouge, 5% cornalin, 5% fumin, 5% vien de nus, 5% premetta, 5% neyret.  Elevage sous cuve inox.
     

  9. Coopérative de l’Enfer, Enfer d’Arvier 2007
    A partir de 85% de Petit Rouge, l’Enfer est produit dans la continuité de la DOC Torrette en direction de Courmayeur.  La Coopérative de l’Enfer est très dynamique, et est en phase d’expansion. Vignes à 800m d’altitude.
     

  10. Domaine Michel Vallet, Torrette Supérieur 2007
    90% de Petit rouge, élevage en cuve bois, le vin est plus affirmé ici, intéressant de comparer avec les Torrette.
     

  11. Domaine Les Crêtes, Torrette 2008
    Vignes dans la zone historique du Torrette, assemblage de 70% de petit rouge et 30% d’un assemblage variable. Toujours une densité de 7500pieds/ha sur des vignes d’une trentaine d’année.
     

  12. Domaine Les Crêtes, Fumin 2006
    Le Fumin est un cépage « autochtone » de la Vallée, qui a été sauvé d’une disparition. Elevage long (12mois) ici, en cuve inox, puis élevage en bouteille 1an encore.
     

  13. Institut Agricole Régional, Fumin 2006
    Elevage de 6mois en cuve bois, suivi de 1mois en bouteille. Taille en guyot simple et desité de 8000 pieds/ha.
     

  14. Maison Anselmet, Broblan 2007
    Le Broblan est en fait du Cornalin (Humagne Rouge), cépage connu dans les Alpes, à ne pas confondre avec le Cornallin qui lui est aussi typiquement valdotain, mais est un raisin gris. Pas d’info supplémentaire.
     

  15. Caves Coop. De Donnas, Donnas Napoleone 2003
    Vin de la Basse Vallée, composé à 95% de Nebbiolo et 5% de Freysa. Affinage de 2ans en fûts de chêne. Cuvée Napoléon car ce dernier aimait beaucoup ce vin
     

  16. Domaine des Crêtes, cuvée « Les Abeilles »
     

  17. Rouge Passito ?

Tous les vins ont été dégustés à l'aveugle.

Jehan

1. La Kiuva « Seigneurs de Vallaise »  Brut 2007

La couleur du vin est très claire, le nez est intéressant, à la fois floral et citronné, il semble mûr et fin. En bouche, une grosse impression de sucre résiduel (il se goûte demi-sec), et une bulle qui ne me plaît pas vraiment. Je ne suis pas amateur de bulles et ce n’est certainement pas cette bouteille qui va me réconcilier…

2. La Crotta di Vegneron « Muscat Chambave » 2008

Robe d’un doré très clair. Le nez est typiquement muscaté, en tirant vers des arômes floraux. En bouche, une acidité enrobée dans un SR pas si bien maîtrisé, même si personnellement je ne le goûte pas mou. Aromatiquement, nous sommes bien sur le muscat typique, ce qui ne me déplaît pas, mais sans non plus éveiller spécialement mes papilles. Amer en final. Bref, cela reste un vin un peu approximatif.

3. Marziano Vevey, Blanc de Morgex et de La Salle 2008

Nez tirant sur le caramel, évoluant vers le floral. On sent qu’il y a du vin même si des arômes fermentaires sont présents. J’aime beaucoup la bouche, avec une acidité tranchante, enrobée d’un certain gras (batonnage ?) et une longueur qui me plaît. Aromatiquement, je suis sur des arômes floraux, d’herbes, légèrement iodé. Un vin qui divise mais me plaît

4. Cave du Vin Blanc de Morgex et de La Salle  cuvée Rayon 2008

Vin purement « techno » aux arômes de confiserie, sans intérêt !

5. Domaine Les Crêtes « Petite Arvine » 2008

Nez mûr sur les agrumes, citron et pamplemousse juteux, belle ampleur. En bouche, une acidité très fine tend le vin admirablement, et on sent que les raisins ont été coupés à bonne maturité, par la justesse aromatique et une certaine richesse du vin. La finale toute en salinité donne beaucoup de classe à ce vin. Mon blanc préféré de la série.

6. Château Feuillet « Petite Arvine » 2008

Comparaison intéressante avec l’autre Arvine, celle-ci semble avoir fait sa malo, développant un vin plus riche, plus rond, mais avec un manque de finesse. L’amer est un peu plus marqué en bouche sans être désagréable, avec une belle présence en bouche. Aromatiquement, je le trouve moins intéressant que son comparse de cépage…

7. Domaine Les Crêtes, Chardonnay « Cuvée Bois » 2006

Le seul « international » de la série, à savoir le blanc sec italien préféré de Gambero Rosso, célèbre critique transalpin. Rien à faire, l’élevage est très (trop) perceptible au nez que pour me titiller l’odorat. Par contre en bouche on sent qu’il y a beaucoup de vin derrière le bois, toujours trop prégnant cependant,  avec une palette assez bourguignonne, sur les fleurs blanches, tilleul et une pointe de citron. Paradoxalement au bois, le vin reste presqu’aérien sur certains aspect, avec une acidité très précise et un gras parfaitement intégré. On sent que le vigneron est bon, et a un bon terroir. (J’ai entendu par contre de la par d’autres dcvdéiens de vives critiques, un vin qui a fait débat quoi…)

8. La Crotta di Curtaz, Torrette 2008

Ce premier représentant de la famille des petits rouges est ce Torrette d’une coopérative. D’une coloration bordeaux dense, le vin semble encore bien jeune. Au nez, nous sommes sur les épices (poivre noir), ca poivronne un chouïa, très légèrement fumé. En bouche, le vin est basé sur l’acidité, sans grande ampleur mais avec de la présence, il ne chauffe pas du tout en fin de bouche. Pas mal…

9. Coopérative de l’Enfer, Enfer d’Arvier 2007

Provenant des pentes abruptes d’Arvier, la palette aromatique est totalement différente, toute en gourmandise, aux élans de Syrah rhodanienne… Du cassis au nez et en bouche, des tanins légers et ronds sans verser dans le mou, et toujours cette acidité présente font du vin une réussite.

10.Domaine Michel Vallet, Torrette Supérieur 2007

Ce vin a vu le bois, ca se sent assez directement ; cependant derrière cela nous trouvons de la myrtille et de la mûre. En bouche,  le vin a un certain corps, mais finit avec une légère astringence. Je ne suis pas amateur, mais ça reste pas mal.

11. Domaine Les Crêtes, Torrette 2008

J’ai voulu ouvrir cette bouteille car elle offrait selon moi une 4ème vision de ce cépage… Le plus léger des 4 Petits Rouges, avec une couleur moins extraite, c’est le vin qui parle le plus en finesse. Il dégage des arômes de groseilles rouges, légèrement acidulé. Longueur moyenne

12. Domaine Les Crêtes, Fumin 2006

Nez plus fumé que les vins précédents, porté sur les fruits noirs. En bouche, belle structure, assez complexe, toujours avec une acidité très présente mais bien mûre. Il y a une certaine « ampleur retenue » dans ce vin, qui par divers aspects se rapproche aussi d’un Bourgogne. Il évoluera avec le temps. Beau vin.

13. Institut Agricole Régional, Fumin 2006

Version plus grossière et moins précise de son prédécesseur. On sent les mêmes bases mais avec des tanins plus grossier et une moindre longueur. Il se met en place après quelques minutes mais reste un fameux cran en-dessous de l’autre Fumin.

14. Maison Anselmet, Broblan 2007

Coup de cœur en rouge de la soirée. Nez tout en fraîcheur sur les fruits rouges, avec un petit côté réglissé. En bouche, la fraîcheur est de mise, avec de beaux tanins présent qui ne demandent qu’à s’affiner. Très belle longueur.

15. Caves Coop. De Donnas, Donnas Napoleone 2003

Le vin, tirant vers l’orange, semble déjà bizarrement bien fatigué. Le nez ne me parle pas beaucoup, j’y décèle un peu de fruité et de fleurs sèches. En bouche, ca ne m’émerveille pas non plus…

16. Domaine des Crêtes, cuvée « Les Abeilles »

Dès le nez, on sent que cette cuvée joue « juste ». L’arômatique du muscat est légèrement présente mais pas du tout dominante, car elle évolue vers l’amande, l’abricot seché, mais aussi des évocations plus florales. En bouche, la liqueur n’est pas du tout marquée, contrebalancée par l’acidité, véritable trait d’union entre tous les vins de la région, qui lui donne beaucoup de fraîcheur. Une vendange tardive qui pourrait se plaire à table, assurément.

17. Rouge Passito ?

Un style de vin que l’on ne connaît guère en France, mais qui a tout son intérêt. Lez nez exhale les fruits noirs en gelées, surtout sur le cassis, avec une pointe d’épices.  Le toucher de bouche est très suave, tout en rondeur. On conseille ce vin sur du chocolat, et de fait je verrais sur un beau noir de noir. Surprenant et très beau !

En bonus, nous avons pu taster un Mas Bruguière apporté généreusement par le Docteur G. Malheureusement celui-ci ne se tastait pas bien (trop jeune), au contraire de ce dernier qui goute pas mal (et pourtant encore si jeune).

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BenG

Je me retrouve pas mal dans tes commentaires.

Découverte intéressante que cette région avec, quand même une nette préférence pour les rouges.

Dénominateur commun pour les rouges une belle trame acide et surtout un très agréable toucher de bouche avec des tannins toujours très souples.

Intéressants :

Domaine des Crêtes, Fumin, 2006 : Nez viandeux et fumé. Bouche fraîche, souple. La matière est là, la longueur un peu moins.
Euh, c'était pas un élevage bois de 1 an ?
Broblanc 2007 : Nez de petits fruits rouges acidulés. C'est tranchant et tendu. Belle allonge.

L'arômatique des blancs est intéressante au nez mais on ne la retrouve que trop peu en bouche. Pour les blancs les plus réussis, je dirais zéro défaut, bien fait mais sans plus. Moins emballé donc.

Je note aussi la relative supériorité du domaine des Crêtes (un des seuls vigneron indépendant du coin si je ne m'abuse ?) par rapport aux caves coopératives dans toutes les séries dégustées.

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PatrickB

1. La Kiuva « Seigneurs de Vallaise »  Brut 2007

La robe est très claire avec des bulles éparses. Le nez est citrique, avec des notes de fruits blancs et quelques touches florales. En bouche, les bulles font peu leur travail, l'acidité est assez en retrait, le fruit domine enrobé par une impression de résiduel (je dirais 15g/l) alors que le vin est annoncé sec. la finale est moyenne mais le tout est assez agréable : 13,5/20

2. La Crotta di Vegneron « Muscat Chambave » 2008

La robe est jaune doré assez claire. Le nez est nettement orienté muscat avec un poivré intense et quelque notes citriques. En bouche, l'acidité domine à l'entrée et le fruit a du mal à s'installer. Ensuite, c'est un gras doucereux qui prend la main s'exprimant en finale sur un côté alcool-amer que je n'aime pas trop. 11,5/20

3. Marziano Vevey, Blanc de Morgex et de La Salle 2008

La robe est bien dorée, bien brillante. Au nez, le vin est assez intense avec d'abord un côté pomme-cannelle, puis des agrumes et enfin de la pâtisserie levurée qui me fait penser à des crêpes aux pomme. On retrouve aussi quelques accents de minéralité (pierre à fusil) (pardon, pardon, le Châ) et une pointe de soufre.
La bouche est marquée (comme souvent sur cette série) par l'acidité, mais celle-ci forme vite un bel équilibre avec de belles notes minérales de pierre à fusil. la finale est belles, assez sèche. Comme Petit Jehan, j'aime vraiment beaucoup ce style-là. 15/20

4. Cave du Vin Blanc de Morgex et de La Salle  cuvée Rayon 2008

Vin clair à la robe qui tétanise d'emblée par son premier nez synthétique à mort avec des parfums de bonbons acidulés (des notes d'acétate d'éthyle, beuark), on se croirait de retour, il y a 20 ans chez les "boules" de Côte d'Or. La bouche est déséquilibrée, pleine de sucre et de bonbon. Dégueu, et 10/20 pour être poli.

5. Domaine Les Crêtes « Petite Arvine » 2008

Un petit cépage aux accents helvétiques... La robe est belle, assez claire, sans défauts. Le nez est d'abord assez fermé puis lâche des aromes floraux (un peu d'acacia) et minéraux (pardon le Châ) à nouveaux dans la gamme du silex à Rahan. La bouche est séduisante, tant par la fraicheur apportée par son acidité que par les splendide agrumes "pierreux", le tout fournissant un bien bel équilibre qui persiste longtemps sur la finale. Dommage quelque notes liégeuses tout à la fin. 15/20

6. Château Feuillet « Petite Arvine » 2008

Le retour de la petite arvine... avec une robe nettement plus dense et jaune. Le nez étonne par rapport au précédent par ses côtés agrumes mais surtout fruits rouges et ferments... La bestiole a fait sa malo. Pas vraiment la minéralité du précédent (pardon, le Châ).
En bouche, c'est pas mal équilibré, avec une acidité marquée, un côté lardé et une finale plaisante sans plus. je préfère nettement le style sans malo. 13,5/20

7. Domaine Les Crêtes, Chardonnay « Cuvée Bois » 2006

C'est annoncé d'entrée, il y aura du bois... Et il y en a, c'est sûr, au point de masquer beaucoup le terrain... Ca me fait un peu penser à ces Savigny blancs élevés la ricaine avec du toasté et du jus de pierre (pardon , le Châ). On peut rien reprocher, mais c'est si... commun.
En bouche, aussi pas de défaut, une belle acidité qui s'efface ensuite sur un gras bourguignon. C'est très extrait et la pierrailles domine sur la finale... J'ai peur dans deux, trois ans... C'est bien coté, ca ne m'étonne pas, mais pas pour moi... 25 euros me dit-on, là je dis non... Mais vu le manque de défauts : 13,5/20

8. La Crotta di Curtaz, Torrette 2008

Ce vin est au gamay ce que la crotte est à la bique. On dirait vraiment du gamay, bien que cela n'en est pas, mais tant en bouche qu'au nez... Il y a aussi pas mal d'épices (un beau poivre), pas mal du tout dans le style.... L'acidité domine d'abord en bouche puis le fruit rouge arrive en force. la finale est belle, très rafraichissante mais sans déplacer des montagnes, un peu trop sur l'acidité et le métal... Un vin de copains ? 13,5/20

9. Coopérative de l’Enfer, Enfer d’Arvier 2007

Deuxième Torrette de la soirée... sera-ce l'enfer pour nous gens du Nord ? La robe est plus dense que le vin précédent, mais reste très "rouge". Au nez c'est assez complexe : Si le côté élevage (lacté-boisé) ouvre les débats, on retrouve ensuite de la cannelle, entres autres épices et de la cerise compotée... et un petit côté grillé en finale... Un petit côté rhodanien... La bouche est caractérisée par un  très bel équilibre entre l'acidité, le fruits, les tanins fondus et une finale compotée qui me fait plus penser à un Maury sec qu'un Rhône Nord...Tout cela est très gourmant... Miam, enfer, miam : 16/20

10.Domaine Michel Vallet, Torrette Supérieur 2007

la robe est plus dense, plus foncée que les deux premiers rouges. le premier est intensément élevage, puis bizarrement pour un vin si jeune, il part sur le sous-bois résineux. De l'évolution? En bouche, l'acidité est là mais sans plus, les tanins ne sont jamais agressifs, il ya  de la rondeur fruitée, on pourrait même parler d'un beau vin bien équilibré s'il n'y avait pas ce côté "american way of drink" qui lui fait perdre deux points : 14,5/20

11. Domaine Les Crêtes, Torrette 2008

Une robe à nouveau beaucoup plus claire et un nez très très fruits rouge avec à nouveau des accents bojos, mais sans grande intensité. En bouche, l'acidité est plus dure, les fruits un peu terreux et les tanins plus asséchants et une finale "Forges de Clabecq" pour le côté métal sucé.. Peut mieux faire : 12/20

12. Domaine Les Crêtes, Fumin 2006

Une robe grenat très dense, ca appelle d'emblée à plus d'extraction... Le nez est au diapason, intense, riche, complexe avec des notes fumées, viandeuses, cacao et fruits noirs. en bouche, c'est très équilibré et tous les composantes s'y retrouvent, avec toujours ces beaux fruits noirs.... L'acidité persiste en finale pour donner de la fraicheur. Un second très très beau vin de ce domaine qui se détache. 16/20

13. Institut Agricole Régional, Fumin 2006

Je sui d'accord d'emblée avec ZéHant quand il dit "Version plus grossière et moins précise de son prédécesseur". En bouche c'est plus dilué aussi mais on retrouve les caractéristiques organoleptiques du Fumin des Crêtes (après l'echo des savanes)., allez, roulez jeunesse : 14,5/20

14. Maison Anselmet, Broblan 2007

Une belle robe très dense annonce encore la couleur (non ce n'est pas redondant). Le nez est intense marqué fruits rouge avec des épices et un peu de réglisse. En bouche c'est frais d'abord puis la structure fruitée s'affirme et si les tanins sont encore jeunes, c'est très prometteur avec une grande longueur. Un beau vin de style et mon coup de cœur de la soirée. 17/20

15. Caves Coop. De Donnas, Donnas Napoleone 2003

La robe est évoluée, le nez un peu fade avec des note de fruits alcooleux très compotés. je ne perçoit pas la badiane que certains ont trouvé. En bouche, la surextraction, surtout des tanins domine. Ca fait très vin du Nord de l'Italie mal maîtrisé. Du nebbiolo... ah bon... 13/20, au plus...

Heureusement, j'ai gardé des trois précédents pour honorer le superbe marcassin du sieur Jehan.. Groink, Groink...

Passons au dessert, bien que l'ambiance s'est relâchée !

16. Domaine des Crêtes, cuvée « Les Abeilles »

la robe est d'un splendide doré et accroche au verre. Au nez, le muscat est là mais dans sa variante fruit séché, raisin de Corinthe et plein d'autres petites notes qui amènent beaucoup de complexité.
En bouche, on retrouve de la fraicheur croquante, un véritable petit plaisir de fin de repas. 16/20

17. Rouge Passito ?

Robe et nez rappellent les Maury confits mais à l'inverse de Jehan, je trouve cela un peu lourdaud.. effet de séquence après le vin précédent ? Effet de fatigue des cornets de mon naseau... maybe baby... mais pour moi la bouche est au diapason, un peu trop ronde.
J'aime moins... 14/20

Globalement, un très belle soirée découverte où peu de vins ont à rougir. C'est un peu comme chez les helvètes, il y a une grande variété de palettes gustatives, les prix sont certes assez hauts mais on hurle pas au vol.

En tous cas, Monsieur Jehan, chapeau bas tant pour les vins, la cuisine et le travail d'intro... Génial et rare de développer à ce point pour une région aussi peu connue. Du grand art, quoi. And, finaly, Jehan, twelve points

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Révision : 19 February 2010