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Jehan nous a proposé une splendide découverte des Vins
du Val d'Aoste une des plus petites et plus hautes
régions vinicoles d'Italie.
Vous trouverez ci-dessous une description de la région
et un entretien avec un vigneron réalisés par Jehan ainsi
que les commentaires d'une dégustation exhaustive des
vins de la région.
Dégustation effectuée
Octobre 2009
  
Les vins du Val d'Aoste
"Si
le vin est divin, c'est sur, c'est le Cornalin ;
S'il est bien frais
et doux, c'est le Petit Oriou ;
S'il est prisé,
c'est lui, le Mayolet ;
Crois-moi, ami du
vin, regarde pas loin ;
Respecte des
cépages, ne bois que du bon vin."
(Auteur inconnu)
1. Introduction
Le Val d'Aoste, région autonome italienne enclavée dans
les Alpes, abrite la plus petite région viticole
transalpine, à peine
600ha. Si l'aura des vins valdotains ne dépasse
que rarement les cimes alpines, leur intérêt peut
atteindre les papilles des curieux que nous sommes.
Le vignoble s'étend sur 85km, de
Courmayeur à
Donnas, non loin du Piémont. Il se subdivise en 3
sous-régions :
-
La
Valdigne, ou
Vallée Haute, où l'on trouve les vins de
Morgex et
La Salle,
jusqu'à 1200m d'altitude!
2. Géographie,
climat et géologie du vignoble
La particularité du Val
d'Aoste est d'être extrêmement encaissé entre les
diverses chaînes de Montagnes, ne laissant qu'une mince
bande de vallée, où la
Doire Baltée (rivière traversant la région du
nord au sud), l'homme et l'industrie prennent place. A
cause de ceci, les vignes se sont toujours développées à
flanc de coteaux, à une altitude variant de 300 à 1200m.
Sur les 600ha de vignes, plus de 200ha sont plantés sur
des terrains dont la déclivité dépasse les 30% et plus
de 150ha sont plantés dans des terrasses, ce qui donne
près de 60% du vignoble
non mécanisable, vous comprendrez aisément la
difficulté de travailler ces sols.

La région jouit d'un
climat continental, étonnement chaud et sec pour
cette altitude, qui permet à la vigne d'avoir un
cycle végétatif long (certains vins, non surmûrs,
sont récoltés fin octobre) sans trop de problèmes
d'humidité. Le pendant négatif est qu'il est obligatoire
d'arroser les vignes, du moins les jeunes vignes,
tellement le sol est sec. Si l'arrosage est "tabou" en
France, il est clairement omniprésent dans cette contrée
: la moindre pelouse publique en altitude est munie de
son arrosoir automatique (les eaux des glaciers proches
font qu'ils ne sont guère en pénurie d'eau ces de par
là-bas). Le caractère sec de la région est dû aux
chaînes de montagnes, qui ne laissent pas passer les
nuages : Aoste est entouré du
Mont Blanc, du
Mont Rose, du
Cervin et du
Grand Paradis.
Au niveau des sols, inutile de dire que la montagne joue
encore un rôle prépondérant. La transformation des
roches primaires a donné des
sols calcaires,
peu structurés avec des sables de quartz dans certains
endroits. Plus bas dans la vallée, le sol est plus
argileux, donnant des vins plus riches.
3.
Histoire, le vin dans la société
La viticulture est certainement arrivée avant les
Romains, comme en attestent des restes d'amphores datées
du 5ème siècle AC. Après avoir connu des hauts et des
bas, la vigne prend son essor au Moyen-Âge avec
l'avènement de la culture des cépages autochtones que
nous connaissons ; elle connaîtra un pic au 19ème siècle
avec plus de 3000ha cultivés, avant de connaître un
fort déclin suite à l'industrialisation outrancière de
l'Italie du Nord, et spécialement du Val d'Aoste avec
ses vallées connexes aux forts accents miniers.

exemple de terrasses en friche suite
à l'arrêt de viticulture...
Les coopératives ont fortement participé à sauver la
viticulture dans la région, que ce soit en permettant de
réaliser et commercialiser les vins, mais aussi et
surtout en sauvegardant l'exceptionnel patrimoine de
vignes qui à tendance à disparaître. De fait, les
coopératives prennent le raisins de cultivateurs qui ont
à peine 2-300pieds de vignes, mais qui préservent les
terrasses de la friche. Il faut savoir que plus de 67%
des viticulteurs ne possèdent pas plus de 0,2ha, et 3%
seulement dépassent l'hectare (beaucoup reversent dans
les coopératives).
Il est très intéressant de remarquer que tous ces
cultivateurs, et d'ailleurs tous les valdotains, ont une
vraie passion de leur terre, à laquelle ils donnent
beaucoup d'attention et qu'ils essaient d'exploiter au
mieux (à chaque maison son -beau- potager).
Le vin du Val d'Aoste est fort ancré localement, et
s'exporte fort peu d'ailleurs, même en Italie... Il est
d'ailleurs comique de remarquer que même dans le Val de
Cogne voisin, le vin valdotain ne trouve pas place dans
la gastronomie ; ce qui renforce l'idée que chacun est
fier de son hameau (frazione) et que l'on quitte
difficilement ce schéma.
4. Types
de vins rencontrés
Dans ce chapitre, les diverses DOC et cépages seront
traités. Pour les non-connaisseur, le Val est difficile
à appréhender directement avec les différentes DOC (que
ce soit de cépage ou de lieu) et les différents cépages
autochtones.
DOC
Les vins sont nommés sous la DOC "Vallée d'Aoste", et
peuvent avoir une sous-mention géographique ou de
cépage, à savoir :
géographique, 7 appellations :
par cépage, 15 appellations :
-
Chardonnay
-
Cornalin
-
Fumin
-
Gamay
-
Mayolet
-
Merlot
-
Müller-Thurgau
-
Nebbiolo
-
Petite Arvine
-
Petit Rouge
-
Pinot Gris
-
Pinot Noir
-
Premetta
-
Syrah
Je vais parler un peu plus de quelques
sous-appellations, que j'ai eu l'occasion de connaître
un peu plus, que ce soit de cépage ou de terroir.
Blanc de Morgex et de La
Salle
Cette appellation, une des plus haute d'Europe,
n'autorise comme cépage que le Prié Blanc (autochtone)
et seulement planté franc de pied. Les vignes sont
conduites traditionnellement en pergola, souvent
soutenues par des pieds en pierre séculaires. La saveur
de ces vins est surprenante pour des vins de cette
altitude, et est vraiment délicate. Le Prié Blanc est un
cépage normalement assez précoce, connu sous le nom d'Agostenga
en Piémont et de Précoce vert à Madère, il ne souffre
évidemment pas trop du froid. (certaines vendanges se
font sous la neige.)
Enfer d'Arvier
Appelation entre la Haute Vallée et la Vallée Centrale.
Son nom vient de l'ensoleillement extrême des vignes (et
certainement des vignerons, d''où l'Enfer). Exposition
plein sud et pentes extrêmes sont au programme des
valeureux vignerons. Les vins doivent contenir minimum
85% de Petit Rouge.
Torrette
Grande appellation, articulée autour du Mont Torrette
qui est le coeur de l'appellation, le Torrette n'est pas
le "grand vin" de la région, avec son assemblage d'au
moins 70% de petit rouge, mais doit donner un vin rouge
assez léger, fin et arômatique. Il existe le Torrette
supérieur, qui doit au moins avoir 90% de petit rouge et
qui peut vieillir en fûts, mais selon C. Charrères, cela
dénature le vin en lui donnant une structure un peu
déséquilibrée. J'aime personnellement ce vin délicat
mais à la vraie personnalité. Le Petit Rouge est un
cépage de la famille des Orious, de maturité assez
tardive (troisième époque), il est sensible à
l'humidité.

vue du Mont Torrette, percée en avant de la montagne
Nus Rouge
Appellation à la sortie de la Vallée Centrale. Elle doit
au minimum contenir 70% de cépages "locaux" dont au
moins 40% de Vien de Nus. Le Vien de Nus est un cousin
du Petit Rouge, de la famille des Oriou. Peut-être pas
le cépage le plus qualitatif de la famille des Oriou
d'ailleurs...
Nus Malvoisie
Appellation en vin blanc autour de Nus. Le cépage
Malvoisie et le Pinot gris s'y côtoient.
Chambave Rouge
Autre appellation faisant appel au Petit Rouge, à
hauteur de 70% au minimum. Les altitudes ici commencent
à descendre avec des hauteurs de 350-400m.
Chambave Muscat
Appellation également autour de Chambave dont le seul
cépage autorisé est le Muscat blanc à petits grains. Vin
d'apéritif sans prétention, il peut atteindre des
sommets de complexité dans la version "Passita" (grappe
desséchées en cageot) ou en version type vendanges
tardives. Une gourmandise contrebalancée par une
certaine acidité.
Arnad-Montjovet et
Donnas
Ces 2 appellations, aux portes du Piémont, font la part
belle au Nebbiolo et au Fresia. Le Donnas est surnommé
le petit frère montagnard du Barolo, mais tout le petit
frère de Zidane n'est pas LE Zidane non plus...
Fumin
Appellation de cépage (qui a d'ailleurs failli
disparaître). Ce cépage rouge , parfois confondu avec le
fresia, est uniquement connu dans le Val d'Aoste, où il
a failli totalement disparaître (il n'en reste pas
30ha). Je trouve beaucoup de classe à ces vins, qui ont
à la fois du corps et une certaine acidité (il lui faut
2ans avant de pouvoir être goûté, sinon l'acidité est
bien trop mordante).
Petite Arvine
Un cépage alpin, que l'on retrouve de l'autre côté du
Grand Saint-Bernard également, il serait d'ailleurs
originaire de Martigny (non, pas de Fully!!). Cépage de
maturité assez tardive, de vigueur moyenne, qui demande
une très belle exposition pour mûrir.
Ces vins blancs sont déclinés de diverses manières dans
la région : les vignerons prennent le choix de faire la
malo ou pas et récolter à divers stades de maturité.
D'après mon expérience, ces vins sont surtout
intéressant lorsque la malo n'est pas faite (arômatiquement
plus abouti) et surtout lorsqu'ils ne sont cueillis qu'à
un stade de maturité pas trop avancé, sous peine de
produire un vin mou. Ce vin peut être un vin de garde à
part entière. Assurément un cépage à ne pas manquer!
Petit Rouge
L'autre cépage local rouge répandu dans la vallée, qui
possède sa propre DOC et intervient dans la DOC Torrette.
Ce vin intervenait souvent dans les
Zuppe locale.
(voir Torrette)
Cornalin
A ne pas confondre avec le
Cornalin Suisse,
car le Cornalin
du Val d'Aoste porte le nom d'Humagne
Rouge chez les helvètes. Ce cépage donne des vins
complexes et de garde, dont le localement célèbre
Broblan de la
Maison Anselmet. Maturité assez tardive.
Premetta
Nom plus commun du cépage Prié Rouge, parent du Prié
Blanc. Principalement cultivé aux alentours d'Aoste, il
donne un vin peu coloré aux arômes floraux. Il est
parfois cueilli flétri pour en faire un vin de paille
rouge, ce qui peut être très intéressant!
5.
Conduite de la vigne et des vinifs
Les vignes sont plantées uniquement en coteaux, souvent
dans de très petites parcelles. Si certaines vieilles
parcelles sont encore plantées en foule et franches de
pieds, la majorité des vignes sont maintenant sur
porte-greffes, plantées en rang. La densité des plants
ne m'a pas frappé outre mesure, nous devons en général
être sur du +- 5000pieds/ha (7-8000 au domaine des
Crêtes).
Qu'en est-il de la taille? Traditionnellement, les
vignes étaient conduites en pergola de +- 1m/1m50 de
hauteur, et c'est encore le cas dans la DOC de
Morgex et de La Salle.
Pour ce qui est du reste, d'après ce que j'en ai vu,
divers type de conduites existent, mais la taille en
guyot se fait la
part belle du vignoble.
Comme déjà dit, il y a un système d'arrosage partout
dans le vignoble, car les jeunes plants ne
supporteraient pas les sécheresses des étés arides. Chez
certains, seuls les jeunes plants sont arrosés (3ans) et
les autres en cas de sécheresse extrême, comme ce fut le
cas en 2003 où certaines vignes n'ont pas passé l'été.
Traditionnellement, les valdotains n'ont pas la culture
de la barrique de bois, mais celle-ci s'impose sur
certains vins avec plus ou moins de bonheur. Les
élevages sont assez courts dans les coopératives, et
seuls quelques vignerons ont les moyens d'élever leurs
vins assez longtemps (indispensable sur le Fumin par
exemple). Je n'ai pas discuté du soufre, mais on peut
penser que les vins sont généralement assez soufrés,
d'après ce que j'en ai bu.
6. Le vin
dans la gastronomie locale
Il faut distinguer le Val d'Aoste dans son sens large et
dans le sens restreint. Il n'y a pas une gastronomie
pour toute la région mais on distingue diverses zones
gastronomiques : la Vallée Basse, le pied du Mont-Rose,
le Pied du Grand Saint-Bernard, la Vallée de Cogne, le
Pied du Mont-Blanc. Il faut savoir que les vallées
connexes telle la Vallée de Cogne ne buvaient pas de
vin, aussi je me limiterai à parler de la partie
"viticole" du Val.
Montagnarde, la cuisine locale n'est pas d'un
raffinement extraordinaire, le but premier étant de
nourrir son homme. Le vin rouge est souvent compagnon
des Zuppe
locales, de certaines polenta et du gibier en sauce,
tandis que le vin blanc accompagnera les charcuteries et
fromages (Mocetta,
Fontina, Pis de
Vache, ...) ainsi que les poissons.
J'espère que vous aurez apprécié de lire ce petit texte,
et qu'il vous aura un peu appris sur cette magnifique
région.
Jehan
  
Rencontre avec un vigneron
Texte bientôt disponible
  
Liste des vins dégustés
« Parce qu'on a créé une réalité et dans notre
réalité, on a inventé le temps: les 24 heures, les 365
jours par an. Ce qui est bien! Comme ça on sait que
quand je traverse le living-room et que je marche de ma
cheminée à ma fenêtre, ça prend 10 secondes mais pour
l'oiseau, ça prend une seconde et pour l'oxygène 0
seconde! »
Le Val d'Aoste est une magnifique région où le temps
devient si relatif... Comme vous vous en doutez, en
préparant la dégustation, Jehan a voulu l'axer sur une
découverte des différentes appellations sur certains
cépages locaux, servis en diverses séquences que voici :
-
Mise en bouche (1, 2)
-
Les blancs des cîmes :
vins de Morgex, cépage Prié Blanc (3,4)
-
Les Petites Arvines
(5,6)
-
Bonus : Chardonnay
cuvée Bois (7)
-
Le Petit Rouge dans
tous ses états (8 -> 11)
-
Cépages de caractère
(12 -> 15)
-
Vins de dessert (16,
17)
-
La Kiuva « Seigneurs
de Vallaise » Brut 2007
Spumante Brut 100%
Chardonnay. La
Kiuva est une coopérative de 11ha dans la Vallée
Basse, près d’Arnad.
-
La Crotta di
Vegneron « Muscat Chambave » 2008
Partie
viticole de la coopérative de La Crotta, également
active dans le lait, ils font l’effort de
sauvegarder un maximum les cépages locaux et
traditionnaux. Ce muscat à petits grains entre dans
la seconde option, car si le cépage se retrouve dans
d’autres régions également, il est historiquement
présent dans le Val. Les valdotains aiment ce vin
comme vin d’apéritif, ou alors flétri en vin de
dessert.
-
Marziano Vevey,
Blanc de Morgex et de La Salle 2008
11,5°,
vignes vers les 1000m. vignoble de 1,6ha seulement.
-
Cave du Vin Blanc de
Morgex et de La Salle cuvée Rayon 2008
Acidité
tartrique ? 5,5g/l, 12,5° d’alcool, elevage inox,
vignes vers les 900m
-
Domaine Les Crêtes
« Petite Arvine » 2008
LE domaine
du Val d’Aoste. Vignes entre 550 et 600m avec une
densité de 7500 pieds/ha. Vendanges fin
septembre/octobre selon les années, long élevage en
cuves (et une partie en foudres d’acacias je
pense).
-
Château Feuillet
« Petite Arvine » 2008
Le Château
Feuillet est une exploitation de 3.8ha dans le cœur
du vignoble de Torrette. Le 1/2ha d’Arvine est
planté en 2 clos à une altitude de 700 et 800m,
vinifiés ensemble après les vendanges en fin
octobre. Vinification en cuves thermorégulées.
-
Domaine Les Crêtes,
Chardonnay « Cuvée Bois » 2006
Sélection
polyclonale de vignes bourguignonnes (C. Charrères a
beaucoup de contacts avec les bourguignons, c’est un
voyageur), 7500 pieds/ha. Elevage long sous fûts (De
Allier pour les connaisseurs) puis élevage en
bouteille avant mise en vente.
-
La Crotta di Curtaz,
Torrette 2008
Vignoble de
1ha dans le Torrette. Assemblage suivant : 75% petit
rouge, 5% cornalin, 5% fumin, 5% vien de nus, 5%
premetta, 5% neyret. Elevage sous cuve inox.
-
Coopérative de
l’Enfer, Enfer d’Arvier 2007
A partir de
85% de Petit Rouge, l’Enfer est produit dans la
continuité de la DOC Torrette en direction de
Courmayeur. La Coopérative de l’Enfer est très
dynamique, et est en phase d’expansion. Vignes à
800m d’altitude.
-
Domaine Michel
Vallet, Torrette Supérieur 2007
90% de Petit
rouge, élevage en cuve bois, le vin est plus affirmé
ici, intéressant de comparer avec les Torrette.
-
Domaine Les Crêtes,
Torrette 2008
Vignes dans
la zone historique du Torrette, assemblage de 70% de
petit rouge et 30% d’un assemblage variable.
Toujours une densité de 7500pieds/ha sur des vignes
d’une trentaine d’année.
-
Domaine Les Crêtes,
Fumin 2006
Le Fumin est
un cépage « autochtone » de la Vallée, qui a été
sauvé d’une disparition. Elevage long (12mois) ici,
en cuve inox, puis élevage en bouteille 1an encore.
-
Institut Agricole
Régional, Fumin 2006
Elevage de
6mois en cuve bois, suivi de 1mois en bouteille.
Taille en guyot simple et desité de 8000 pieds/ha.
-
Maison Anselmet,
Broblan 2007
Le Broblan
est en fait du Cornalin (Humagne Rouge), cépage
connu dans les Alpes, à ne pas confondre avec le
Cornallin qui lui est aussi typiquement valdotain,
mais est un raisin gris. Pas d’info supplémentaire.
-
Caves Coop. De
Donnas, Donnas Napoleone 2003
Vin de la
Basse Vallée, composé à 95% de Nebbiolo et 5% de
Freysa. Affinage de 2ans en fûts de chêne. Cuvée
Napoléon car ce dernier aimait beaucoup ce vin
-
Domaine des Crêtes,
cuvée « Les Abeilles »
-
Rouge Passito
?
Tous les vins ont été dégustés à l'aveugle.
  
Jehan
1. La Kiuva « Seigneurs
de Vallaise » Brut 2007
La
couleur du vin est très claire, le nez est intéressant,
à la fois floral et citronné, il semble mûr et fin. En
bouche, une grosse impression de sucre résiduel (il se
goûte demi-sec), et une bulle qui ne me plaît pas
vraiment. Je ne suis pas amateur de bulles et ce n’est
certainement pas cette bouteille qui va me réconcilier…
2. La Crotta di Vegneron
« Muscat Chambave » 2008
Robe
d’un doré très clair. Le nez est typiquement muscaté, en
tirant vers des arômes floraux. En bouche, une acidité
enrobée dans un SR pas si bien maîtrisé, même si
personnellement je ne le goûte pas mou. Aromatiquement,
nous sommes bien sur le muscat typique, ce qui ne me
déplaît pas, mais sans non plus éveiller spécialement
mes papilles. Amer en final. Bref, cela reste un vin un
peu approximatif.
3. Marziano Vevey, Blanc
de Morgex et de La Salle 2008
Nez
tirant sur le caramel, évoluant vers le floral. On sent
qu’il y a du vin même si des arômes fermentaires sont
présents. J’aime beaucoup la bouche, avec une acidité
tranchante, enrobée d’un certain gras (batonnage ?) et
une longueur qui me plaît. Aromatiquement, je suis sur
des arômes floraux, d’herbes, légèrement iodé. Un vin
qui divise mais me plaît
4. Cave du Vin Blanc de
Morgex et de La Salle cuvée Rayon 2008
Vin
purement « techno » aux arômes de confiserie, sans
intérêt !
5. Domaine Les Crêtes
« Petite Arvine » 2008
Nez mûr
sur les agrumes, citron et pamplemousse juteux, belle
ampleur. En bouche, une acidité très fine tend le vin
admirablement, et on sent que les raisins ont été coupés
à bonne maturité, par la justesse aromatique et une
certaine richesse du vin. La finale toute en salinité
donne beaucoup de classe à ce vin. Mon blanc préféré de
la série.
6. Château Feuillet
« Petite Arvine » 2008
Comparaison intéressante avec l’autre Arvine, celle-ci
semble avoir fait sa malo, développant un vin plus
riche, plus rond, mais avec un manque de finesse. L’amer
est un peu plus marqué en bouche sans être désagréable,
avec une belle présence en bouche. Aromatiquement, je le
trouve moins intéressant que son comparse de cépage…
7. Domaine Les Crêtes,
Chardonnay « Cuvée Bois » 2006
Le seul
« international » de la série, à savoir le blanc sec
italien préféré de Gambero Rosso, célèbre critique
transalpin. Rien à faire, l’élevage est très (trop)
perceptible au nez que pour me titiller l’odorat. Par
contre en bouche on sent qu’il y a beaucoup de vin
derrière le bois, toujours trop prégnant cependant,
avec une palette assez bourguignonne, sur les fleurs
blanches, tilleul et une pointe de citron.
Paradoxalement au bois, le vin reste presqu’aérien sur
certains aspect, avec une acidité très précise et un
gras parfaitement intégré. On sent que le vigneron est
bon, et a un bon terroir. (J’ai entendu par contre de la
par d’autres dcvdéiens de vives critiques, un vin qui a
fait débat quoi…)
8. La Crotta di Curtaz,
Torrette 2008
Ce
premier représentant de la famille des petits rouges est
ce Torrette d’une coopérative. D’une coloration bordeaux
dense, le vin semble encore bien jeune. Au nez, nous
sommes sur les épices (poivre noir), ca poivronne un
chouïa, très légèrement fumé. En bouche, le vin est basé
sur l’acidité, sans grande ampleur mais avec de la
présence, il ne chauffe pas du tout en fin de bouche.
Pas mal…
9. Coopérative de
l’Enfer, Enfer d’Arvier 2007
Provenant des pentes abruptes d’Arvier, la palette
aromatique est totalement différente, toute en
gourmandise, aux élans de Syrah rhodanienne… Du cassis
au nez et en bouche, des tanins légers et ronds sans
verser dans le mou, et toujours cette acidité présente
font du vin une réussite.
10.Domaine Michel
Vallet, Torrette Supérieur 2007
Ce vin
a vu le bois, ca se sent assez directement ; cependant
derrière cela nous trouvons de la myrtille et de la
mûre. En bouche, le vin a un certain corps, mais finit
avec une légère astringence. Je ne suis pas amateur,
mais ça reste pas mal.
11. Domaine Les Crêtes,
Torrette 2008
J’ai
voulu ouvrir cette bouteille car elle offrait selon moi
une 4ème vision de ce cépage… Le plus léger des 4 Petits
Rouges, avec une couleur moins extraite, c’est le vin
qui parle le plus en finesse. Il dégage des arômes de
groseilles rouges, légèrement acidulé. Longueur moyenne
12. Domaine Les Crêtes,
Fumin 2006
Nez
plus fumé que les vins précédents, porté sur les fruits
noirs. En bouche, belle structure, assez complexe,
toujours avec une acidité très présente mais bien mûre.
Il y a une certaine « ampleur retenue » dans ce vin, qui
par divers aspects se rapproche aussi d’un Bourgogne. Il
évoluera avec le temps. Beau vin.
13. Institut Agricole
Régional, Fumin 2006
Version
plus grossière et moins précise de son prédécesseur. On
sent les mêmes bases mais avec des tanins plus grossier
et une moindre longueur. Il se met en place après
quelques minutes mais reste un fameux cran en-dessous de
l’autre Fumin.
14. Maison Anselmet,
Broblan 2007
Coup de
cœur en rouge de la soirée. Nez tout en fraîcheur sur
les fruits rouges, avec un petit côté réglissé. En
bouche, la fraîcheur est de mise, avec de beaux tanins
présent qui ne demandent qu’à s’affiner. Très belle
longueur.
15. Caves Coop. De
Donnas, Donnas Napoleone 2003
Le vin,
tirant vers l’orange, semble déjà bizarrement bien
fatigué. Le nez ne me parle pas beaucoup, j’y décèle un
peu de fruité et de fleurs sèches. En bouche, ca ne
m’émerveille pas non plus…
16. Domaine des Crêtes,
cuvée « Les Abeilles »
Dès le
nez, on sent que cette cuvée joue « juste ». L’arômatique
du muscat est légèrement présente mais pas du tout
dominante, car elle évolue vers l’amande, l’abricot
seché, mais aussi des évocations plus florales. En
bouche, la liqueur n’est pas du tout marquée,
contrebalancée par l’acidité, véritable trait d’union
entre tous les vins de la région, qui lui donne beaucoup
de fraîcheur. Une vendange tardive qui pourrait se
plaire à table, assurément.
17. Rouge Passito
?
Un
style de vin que l’on ne connaît guère en France, mais
qui a tout son intérêt. Lez nez exhale les fruits noirs
en gelées, surtout sur le cassis, avec une pointe
d’épices. Le toucher de bouche est très suave, tout en
rondeur. On conseille ce vin sur du chocolat, et de fait
je verrais sur un beau noir de noir. Surprenant et très
beau !
En
bonus, nous avons pu taster un Mas Bruguière apporté
généreusement par le Docteur G. Malheureusement celui-ci
ne se tastait pas bien (trop jeune), au contraire de ce
dernier qui goute pas mal (et pourtant encore si jeune).
haut de page
BenG
Je me retrouve pas mal dans tes commentaires.
Découverte intéressante que cette région avec, quand
même une nette préférence pour les rouges.
Dénominateur commun pour les rouges une belle trame
acide et surtout un très agréable toucher de bouche avec
des tannins toujours très souples.
Intéressants :
Domaine des Crêtes, Fumin, 2006 : Nez viandeux et fumé.
Bouche fraîche, souple. La matière est là, la longueur
un peu moins.
Euh, c'était pas un élevage bois de 1 an ?
Broblanc 2007 : Nez de petits fruits rouges acidulés.
C'est tranchant et tendu. Belle allonge.
L'arômatique des blancs est intéressante au nez mais on
ne la retrouve que trop peu en bouche. Pour les blancs
les plus réussis, je dirais zéro défaut, bien fait mais
sans plus. Moins emballé donc.
Je note aussi la relative supériorité du domaine des
Crêtes (un des seuls vigneron indépendant du coin si je
ne m'abuse ?) par rapport aux caves coopératives dans
toutes les séries dégustées.
haut de page
PatrickB
1.
La Kiuva « Seigneurs de Vallaise » Brut 2007
La robe
est très claire avec des bulles éparses. Le nez est
citrique, avec des notes de fruits blancs et quelques
touches florales. En bouche, les bulles font peu leur
travail, l'acidité est assez en retrait, le fruit domine
enrobé par une impression de résiduel (je dirais 15g/l)
alors que le vin est annoncé sec. la finale est moyenne
mais le tout est assez agréable : 13,5/20
2. La Crotta di Vegneron
« Muscat Chambave » 2008
La robe
est jaune doré assez claire. Le nez est nettement
orienté muscat avec un poivré intense et quelque notes
citriques. En bouche, l'acidité domine à l'entrée et le
fruit a du mal à s'installer. Ensuite, c'est un gras
doucereux qui prend la main s'exprimant en finale sur un
côté alcool-amer que je n'aime pas trop. 11,5/20
3. Marziano Vevey, Blanc
de Morgex et de La Salle 2008
La robe
est bien dorée, bien brillante. Au nez, le vin est assez
intense avec d'abord un côté pomme-cannelle, puis des
agrumes et enfin de la pâtisserie levurée qui me fait
penser à des crêpes aux pomme. On retrouve aussi
quelques accents de minéralité (pierre à fusil) (pardon,
pardon, le Châ) et une pointe de soufre.
La bouche est marquée (comme souvent sur cette série)
par l'acidité, mais celle-ci forme vite un bel équilibre
avec de belles notes minérales de pierre à fusil. la
finale est belles, assez sèche. Comme Petit Jehan,
j'aime vraiment beaucoup ce style-là. 15/20
4. Cave du Vin Blanc de
Morgex et de La Salle cuvée Rayon 2008
Vin
clair à la robe qui tétanise d'emblée par son premier
nez synthétique à mort avec des parfums de bonbons
acidulés (des notes d'acétate d'éthyle, beuark), on se
croirait de retour, il y a 20 ans chez les "boules" de
Côte d'Or. La bouche est déséquilibrée, pleine de sucre
et de bonbon. Dégueu, et 10/20 pour être poli.
5. Domaine Les Crêtes
« Petite Arvine » 2008
Un
petit cépage aux accents helvétiques... La robe est
belle, assez claire, sans défauts. Le nez est d'abord
assez fermé puis lâche des aromes floraux (un peu
d'acacia) et minéraux (pardon le Châ) à nouveaux dans la
gamme du silex à Rahan. La bouche est séduisante, tant
par la fraicheur apportée par son acidité que par les
splendide agrumes "pierreux", le tout fournissant un
bien bel équilibre qui persiste longtemps sur la finale.
Dommage quelque notes liégeuses tout à la fin. 15/20
6. Château Feuillet
« Petite Arvine » 2008
Le
retour de la petite arvine... avec une robe nettement
plus dense et jaune. Le nez étonne par rapport au
précédent par ses côtés agrumes mais surtout fruits
rouges et ferments... La bestiole a fait sa malo. Pas
vraiment la minéralité du précédent (pardon, le Châ).
En bouche, c'est pas mal équilibré, avec une acidité
marquée, un côté lardé et une finale plaisante sans
plus. je préfère nettement le style sans malo. 13,5/20
7. Domaine Les Crêtes,
Chardonnay « Cuvée Bois » 2006
C'est
annoncé d'entrée, il y aura du bois... Et il y en a,
c'est sûr, au point de masquer beaucoup le terrain... Ca
me fait un peu penser à ces Savigny blancs élevés la
ricaine avec du toasté et du jus de pierre (pardon , le
Châ). On peut rien reprocher, mais c'est si... commun.
En bouche, aussi pas de défaut, une belle acidité qui
s'efface ensuite sur un gras bourguignon. C'est très
extrait et la pierrailles domine sur la finale... J'ai
peur dans deux, trois ans... C'est bien coté, ca ne
m'étonne pas, mais pas pour moi... 25 euros me dit-on,
là je dis non... Mais vu le manque de défauts : 13,5/20
8. La Crotta di Curtaz,
Torrette 2008
Ce vin
est au gamay ce que la crotte est à la bique. On dirait
vraiment du gamay, bien que cela n'en est pas, mais tant
en bouche qu'au nez... Il y a aussi pas mal d'épices (un
beau poivre), pas mal du tout dans le style....
L'acidité domine d'abord en bouche puis le fruit rouge
arrive en force. la finale est belle, très
rafraichissante mais sans déplacer des montagnes, un peu
trop sur l'acidité et le métal... Un vin de copains ?
13,5/20
9. Coopérative de
l’Enfer, Enfer d’Arvier 2007
Deuxième Torrette de la soirée... sera-ce l'enfer pour
nous gens du Nord ? La robe est plus dense que le vin
précédent, mais reste très "rouge". Au nez c'est assez
complexe : Si le côté élevage (lacté-boisé) ouvre les
débats, on retrouve ensuite de la cannelle, entres
autres épices et de la cerise compotée... et un petit
côté grillé en finale... Un petit côté rhodanien... La
bouche est caractérisée par un très bel équilibre
entre l'acidité, le fruits, les tanins fondus et une
finale compotée qui me fait plus penser à un Maury sec
qu'un Rhône Nord...Tout cela est très gourmant... Miam,
enfer, miam : 16/20
10.Domaine Michel
Vallet, Torrette Supérieur 2007
la robe
est plus dense, plus foncée que les deux premiers
rouges. le premier est intensément élevage, puis
bizarrement pour un vin si jeune, il part sur le
sous-bois résineux. De l'évolution? En bouche, l'acidité
est là mais sans plus, les tanins ne sont jamais
agressifs, il ya de la rondeur fruitée, on
pourrait même parler d'un beau vin bien équilibré s'il
n'y avait pas ce côté "american way of drink" qui lui
fait perdre deux points : 14,5/20
11. Domaine Les Crêtes,
Torrette 2008
Une
robe à nouveau beaucoup plus claire et un nez très très
fruits rouge avec à nouveau des accents bojos, mais sans
grande intensité. En bouche, l'acidité est plus dure,
les fruits un peu terreux et les tanins plus asséchants
et une finale "Forges de Clabecq" pour le côté métal
sucé.. Peut mieux faire : 12/20
12. Domaine Les Crêtes,
Fumin 2006
Une
robe grenat très dense, ca appelle d'emblée à plus
d'extraction... Le nez est au diapason, intense, riche,
complexe avec des notes fumées, viandeuses, cacao et
fruits noirs. en bouche, c'est très équilibré et tous
les composantes s'y retrouvent, avec toujours ces beaux
fruits noirs.... L'acidité persiste en finale pour
donner de la fraicheur. Un second très très beau vin de
ce domaine qui se détache. 16/20
13. Institut Agricole
Régional, Fumin 2006
Je sui
d'accord d'emblée avec ZéHant quand il dit "Version plus
grossière et moins précise de son prédécesseur". En
bouche c'est plus dilué aussi mais on retrouve les
caractéristiques organoleptiques du Fumin des Crêtes
(après l'echo des savanes)., allez, roulez jeunesse :
14,5/20
14. Maison Anselmet,
Broblan 2007
Une
belle robe très dense annonce encore la couleur (non ce
n'est pas redondant). Le nez est intense marqué fruits
rouge avec des épices et un peu de réglisse. En bouche
c'est frais d'abord puis la structure fruitée s'affirme
et si les tanins sont encore jeunes, c'est très
prometteur avec une grande longueur. Un beau vin de
style et mon coup de cœur de la soirée. 17/20
15. Caves Coop. De
Donnas, Donnas Napoleone 2003
La robe
est évoluée, le nez un peu fade avec des note de fruits
alcooleux très compotés. je ne perçoit pas la badiane
que certains ont trouvé. En bouche, la surextraction,
surtout des tanins domine. Ca fait très vin du Nord de
l'Italie mal maîtrisé. Du nebbiolo... ah bon... 13/20,
au plus...
Heureusement, j'ai gardé des trois précédents pour
honorer le superbe marcassin du sieur Jehan.. Groink,
Groink...
Passons
au dessert, bien que l'ambiance s'est relâchée !
16. Domaine des Crêtes,
cuvée « Les Abeilles »
la robe
est d'un splendide doré et accroche au verre. Au nez, le
muscat est là mais dans sa variante fruit séché, raisin
de Corinthe et plein d'autres petites notes qui amènent
beaucoup de complexité.
En bouche, on retrouve de la fraicheur croquante, un
véritable petit plaisir de fin de repas. 16/20
17. Rouge Passito
?
Robe et
nez rappellent les Maury confits mais à l'inverse de
Jehan, je trouve cela un peu lourdaud.. effet de
séquence après le vin précédent ? Effet de fatigue des
cornets de mon naseau... maybe baby... mais pour moi la
bouche est au diapason, un peu trop ronde.
J'aime moins... 14/20
Globalement, un très belle soirée découverte où peu de
vins ont à rougir. C'est un peu comme chez les helvètes,
il y a une grande variété de palettes gustatives, les
prix sont certes assez hauts mais on hurle pas au vol.
En
tous cas, Monsieur Jehan, chapeau bas tant pour les
vins, la cuisine et le travail d'intro... Génial et rare
de développer à ce point pour une région aussi peu
connue. Du grand art, quoi. And, finaly, Jehan, twelve
points
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